Delaître et son trio infernal - Metz 2007

Publié le par Françoise

undefined
Le Lorrain, quand il était entraîneur national à l'Insep, a vu défiler les trois dimensions Simon, Monfils, Tsonga. Quelques années plus tard, il les retrouve avec des carrures de champion.

L'Open de Moselle n'existait pas encore qu'ils frappaient déjà à la porte de la renommée. Dans l'antre parisien de l'Insep où Olivier Delaitre, raquette au placard, s'occupait des juniors. Ou des nouveaux fers de lance du tennis national appelés à assurer la relève. « Ils étaient huit. » Trois d'entre eux ont déjà tiré leur épingle du jeu : Gilles Simon, Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga. Une triple réussite, à un peu plus de vingt ans. « Et encore, ils ne sont pas au bout de leur potentiel. Ils vont encore progresser » se réjouit le coach messin.

Jusqu'où grimperont-ils ? L'ancien vainqueur de la Coupe Davis, sans hésitation, les imagine bien dans les top 20 des ténors mondiaux. « Il n'y a aucune raison, tout leur est possible. » Avec Richard Gasquet, ils alimentent les rêves bleus d'un avenir rose : « Certainement. Pour les dix ans à venir, on les verra sur le devant de la scène à moins que Jo, malheureusement, ne se blesse à nouveau. »

Olivier Delaitre, d'ailleurs, craque pour Tsonga : « Un attaquant de pure souche. Il est un peu en retard sur ses copains mais c'est normal, un joueur de son style met plus longtemps à se construire. Il doit encore trouver le dosage régulier entre ses montées au filet et son jeu en fond de court. Une question de maturité. Sinon, Jo est un grand professionnel, un athlète incroyable. A l'époque, il était hors norme ! Quand on faisait des 400 m, il mettait 50 à 60 m à tout le monde. » L'entraîneur mosellan de comparer son poulain à des pur-sang. Genre « Noah ou Henman par le tennis pratiqué. » Pas mal...

Olivier Delaitre de se souvenir qu'à seize ou dix-sept printemps, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils affichaient des dispositions prometteuses. « Mais pas Gilles Simon ! Il avait du retard dans sa croissance. Il pesait 20 kg de moins et était plus petit de 30 centimètres qu'aujourd'hui. Si, je vous le dis : il faisait 1,50 m » insiste son mentor d'alors. Gilles Simon, le moins verni ? « Oh, non... Quel coup d'œil ! Il a toujours su contrer, son sens du jeu est inné. Il manquait juste de puissance. Quand il affrontait un adulte assez puissant, sa raquette se vrillait dans sa main. » Une main « talentueuse, capable de briller sur toutes les surfaces. »

Gaël Monfils ? Sa légende de puncheur était en marche avant sa majorité. « De la vitesse, capable des plus beaux coups d'éclats. Mais si Jo et lui avaient la maturité de Gilles, ils seraient nettement mieux au classement. » Trois as à la mentalité « très différente ». Trois exceptions. Avec un Simon « extrêmement intelligent », un Tsonga « sympa, attachant, marrant, qui a besoin, souvent, de se rassurer », un Monfils « fou fou, inconstant, cherchant encore sa direction » et dont « le talent ne demande qu'à exploser avec davantage de rigueur. Pour l'instant, Gaël se situe à son niveau. »

Olivier Delaitre ou le bonheur d'un père qui a vu ses jeunes pousses cavaler vers les étoiles. Sur le chemin flamboyant d'une renommée enflant au fil des semaines : « Et le chemin n'est pas fini. C'est génial, fantastique. Quand ils étaient avec moi, ils possédaient des classements modestes. » Aujourd'hui, ils portent les numéros gagnants de l'élite planétaire.
Le Républicain Lorrain, oct. 2007

Publié dans Articles

Commenter cet article