Le coupeur de têtes en série - Marseille, 2008

Publié le par Françoise

Djoko.jpgOpen 13. Le tenant du titre niçois a créé la sensation hier, en sortant la tête de série du tournoi Novak Djokovic (6-2, 6-7, 6-3).

Février 2007, Marseille, Gilles Simon remportait le premier tournoi professionnel de sa jeune carrière. Le Niçois s’imposait en finale contre Mario Baghdatis (6-4 ; 7-6). Tout récent finaliste de l’Open d’Australie qu’il était, le Chypriote avait subi les assauts du Français, déjà tombeur de Soderling, Bjorkman et Hewitt.

Cette année, Gilles Simon s’est cette fois offert le scalp du vainqueur de l’Open d’Australie et tête de série à Marseille, Novak Djokovic, actuel numéro 3 mondial. Un coup de maître certes, mais sûrement pas un coup d’essai.

Depuis son titre à Marseille l’an passé, Gilles est décomplexé. Après Marseille, il a ainsi enchaîné une année 2007 plutôt souriante car riche en grosses têtes. En mars, à Indian Wells, le Niçois s’est payé la tête de l’Espagnol Robredo, alors numéro 7 mondial. En mai, ce fut le tour d’Andy Murray, numéro 10 mondial au Master Série de Rome. Ce printemps fleuri passé, Gilles a pris congé au mois d’août du numéro 4 mondial, Nikolay Davydenko à New Haven. Le Russe était bien évidemment la tête de série du tournoi américain.

Il ne m’en reste plus que deux

Cette habitude qu’il a pris de battre les têtes de séries semble amuser Gilles. Le Niçois collectionne les scalps. « Je n’avais encore jamais eu le numéro 3 mondial, le 4 oui, mais là c’est une première. Je suis heureux, il ne m’en reste plus que deux ». Ce jeu de coupeur de tête, il en ferait presque un défi.

Gilles a le sens de l’humour, semble léger, mais à 23 ans le Niçois fait déjà preuve d’une belle maturité. Hier, au cours de ce match contre l’immense tacticien, voire comédien que peut être Djokovic, Gilles ne s’est laissé prendre par aucune tentative de déstabilisation. « Il est ingérable pour se concentrer, on le sait, il fait rebondir 250 fois la balle avant de servir, ça peut énerver, mais je suis resté concentré. Quant à ses appels au kiné pour feindre la fatigue, pas question de tomber dedans ». Et à son tour, Gilles s’est même révélé fin stratège quand il a reconnu avoir refusé de mettre de l’intensité dans un premier set qu’il remporta dans le coton (6-2). « Il était bien là comme ça tout endormi, non ? Je n’allais pas le réveiller ».

Quand on lui objecte la méforme de Djokovic, Gilles a cette phrase pleine d’aplomb et irréfutable : « Je n’ai pas l’habitude de me chercher des excuses quand je perds, comme d’en donner aux autres quand je gagne ». A bon entendeur… Non, Gilles ne boudera sûrement pas son plaisir d’avoir coupé une nouvelle tête. N’en déplaise aux grises mines qui voyaient plus de saveur en la présence de Djokovic dans le dernier carré. A la veille de son rendez-vous avec Djokovic, Gilles assurait: « Tout peut se passer sur un match de tennis. J’y crois sinon ça ne sert à rien de rentrer sur le court ». En quart de finale, Gilles Simon affrontera aujourd’hui Paul Henri Mathieu. « Je vois ça comme tous les matchs de tennis, c’est à moi de faire mon match » assurait le Niçois hier. Coupeur de tête, Gilles n’en garde pas moins la sienne bien vissée sur ses épaules et aborde ses rencontres avec philosophie.

Laurent Seguin, La Marseillaise

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