« Transpercer un tableau » - Estoril 2008

Publié le par Françoise

Interrogé après sa victoire au premier tour à Estoril face au Croate Roko Karanusic, Gilles Simon a évoqué la "nouvelle saison" qui débute sur terre battue, sa préparation, Roger Federer et la Coupe Davis.

"Poussin" - c'est son surnom - s'est fait dévorer aux Etats-Unis, alors il a décidé de repartir picorer des points et des victoires sur terre. Il a pris le temps de se refaire une santé et se montre plus motivé que jamais pour réussir sa préparation à Roland-Garros. On le trouve tout de même un peu dur avec lui-même quand il estime avoir eu de mauvais résultats en Amérique. Il avait certes perdu tôt mais face à deux joueurs redoutables : Mikhail Youzhny à Indian Wells, et Mario Ancic à Miami. Il n'y était plus lorsque la France a perdu en Coupe Davis, ce qui lui permet de juger la défaite avec distance et sagesse.

Comment vous sentez-vous au moment d'aborder la saison sur terre battue ?

GILLES SIMON : "Comme à chaque fois que l'on repart sur une tournée sur une surface différente, il faut remettre son jeu en place. Je me sens bien, j'ai profité comme j'ai pu de mes mauvais résultats aux Etats-Unis pour prendre quelques jours de repos chez moi en Suisse et m'entraîner ensuite sur terre battue, pendant une semaine à Roland-Garros. A chaque fois qu'on revient sur terre, il faut retrouver ses repères. Cela peut prendre un certain temps mais j'attends beaucoup de cette "nouvelle saison" qui commence. J'aimerais "transpercer" un grand tableau."

Vous vous sentez à l'aise sur la surface ?

G.S. : "Là, je travaille pour retrouver les automatismes de l'année dernière. En fin de saison, j'avais joué à Bucarest (il a obtenu son deuxième titre en 2007), et j'avais aussi fait de bons résultats à Rome où j'avais sorti Andy Murray puis Guillermo Cañas. Quand on arrive sur terre il faut tout re-travailler, le jeu de jambes, les trajectoires. Il faut répéter tous les schémas de jeu. Thierry Tulasne, mon coach me donne la réplique, et je n'ai pas de sparring-partner particulier."

Vous venez de passer le premier tour à Estoril, quelles sont vos ambitions sur ce premier tournoi sur terre ?

G.S. : "J'ai battu un joueur qui n'est pas très connu mais qui joue plutôt bien sur cette surface, Roko Karanusic. Réussir un premier tournoi est très important. Cela permet de bien se lancer, mais d'un autre côté, c'est toujours difficile de bien jouer tout de suite. Je peux mieux jouer qu'aujourd'hui. Au prochain tour, je serai opposé à Edouard Roger-Vasselin ou l'Italien Flavio Cipolla. Même si je serai encore favori, il faudra être bien concentré. J'ai tout pour m'imposer mais encore faut-il s'appliquer."

Avez-vous croisé Roger Federer, qui dispute le tournoi d'Estoril pour la première fois ?

G.S. : "Oui, ça m'a fait drôle de le voir dans les vestiaires du tournoi. J'avais envie de lui dire : "Mais qu'est-ce que tu fais là ?". Je l'ai vu avec José Higueras. C'est clair, il a Roland-Garros dans la tête et doit vouloir se mettre toutes les chances de son côté en se préparant très tôt."

En tout cas, il n'est pas dans votre partie de tableau...

G.S. : "Non, c'est vrai, je ne sais pas comment je me débrouille mais il n'est jamais dans ma partie de tableau, ou alors trop loin. C'est clair, il faut que j'aille au bout pour le rencontrer."

Quel est votre programme ?

G.S. : "Je suis motivé pour jouer un max, soit minimum cinq tournois d'ici Roland-Garros. Ils sont d'ailleurs obligatoires selon les nouvelles réglementations. Si tout se passe bien ici à Estoril et à Monte-Carlo, je ne sais pas si j'irai à Munich, mais je compte prendre une semaine de repos avant Roland-Garros."

Est-ce que vous avez un tournoi préféré parmi ceux à venir ?

G.S. : "Le Masters Series de Hambourg. Les courts y sont plus "lourds", et j'ai la sensation de pouvoir déborder l'adversaire plus facilement. Je me sens aussi à l'aise sur les courts plus rapides à Monte-Carlo ou Rome, mais à Hambourg, je sens qu'il est plus difficile de me déborder. Plus c'est lent, plus ça m'arrange."

Un mot sur le week-end de Coupe Davis ?

G.S. : "J'ai très peu suivi les matches. J'ai vu quelques images du match de Mathieu contre Blake, mais entre les entraînements et les voyages, je n'ai pas pu voir les matches en entier. J'avais appelé Jo (Tsonga), dont je suis très proche, quand il s'est blessé (nous avons suivi le même cursus à Poitiers et à l'INSEP), et j'avais appelé Guy (Forget) avant la rencontre pour leur souhaiter bonne chance."

"Je suis au courant de la petite polémique concernant Richard Gasquet mais je ne peux pas dire grand chose à ce sujet. En Roumanie, j'étais plutôt en "observateur" (cinquième joueur lors du premier tour, ndlr) dans le groupe. La pression était moins forte et je n'ai rien remarqué d'étrange. Oui, Richard envoyait aussi des SMS mais cela ne veut rien dire... D'ailleurs, une rencontre de Coupe Davis, cela ne se joue pas à grand chose. Si Richard avait joué, on aurait pu aussi bien perdre. Après une défaite, il y a toujours de la tension, il faut relativiser. En tout cas, la seule chose que je puisse dire, c'est qu'il ne m'a pas envoyé de SMS ce week-end."
(Source
)

Publié dans Interviews

Commenter cet article