« J'ai envie d'affronter Federer » - Monte-Carlo 2008

Publié le par Françoise

A l’occasion du Master Series de Monte-Carlo, le Niçois Gilles Simon, qui affrontera l’Espagnol Ramirez aujourd’hui, a accordé une interview à Nice-Premium. Un an après ses premières déclarations à notre site, il fait le point sur la saison en cours et ses attentes pour la suite de l’année.

Nice-Premium : Que s’est-il passé depuis ta victoire au tournoi du Bucarest à l’automne dernier ?

Gilles Simon : Elle fait partie de la saison dernière qui a été une bonne année. C’était encourageant d’autant que j’ai bien joué dans des matchs importants, même si je les ai perdus. Mes objectifs pour 2008 étaient donc clairs, continuer sur la lancée. Pourtant mes débuts ne sont pas bons. Durant les tournois en Australie, ça a été difficile malgré un bon Open d’Australie. Ensuite, j’ai fait un quart à Marseille et une demie à Rotterdam. Avec cela, je pensais être tête de série à Indian Wells et Miami. Mais à chaque fois, j’ai été malheureux. J’étais 33e au classement technique (le classement qui permet d’établir les 8, 16 ou 32 têtes de série d’un tournoi, NDLR). En plus, j’étais également malchanceux. Ainsi, je m’étais inscrit sur un challenger entre le tournoi d’Indian Wells et celui de Miami mais il fallait confirmer les inscriptions avant 18h. Le problème, c’est que j’ai perdu mon match contre Mikhail Youzhny à 18h03. J’ai donc du patienter plus d’une semaine avant de pouvoir rejouer en compétition.

N-P : Revenons un peu sur ce début d’année. Que retiens-tu de la rencontre contre Nadal à l’Open d’Australie ?

G.S. : J’étais tendu et crispé contre Nadal. Au premier tour, je gagne en quatre heures contre Bobby Reynolds, un match dont je suis très content. Ensuite je bats Rainer Schuettler, alors que je ne joue pas très bien et que je n’ai aucune sensation. Et puis vient se troisième tour contre Rafael. Je n’ai aucune pression mais je retrouve des sensations. Je mène 5-2 dans le premier set, et je me crispe. Je n’arrive pas à convertir les balles de break, tout comme à 5-3 et le jeu suivant. Je perds finalement 7-5 dans la première manche après deux jeux qui me paraissent très longs. Je suis mené 4-0 très rapidement dans le deuxième set puis je reviens dans le match. Je perds 6-2 puis on est 3-3 dans le troisième. C’est à ce moment que je craque pour enfin échouer à 6-3. C’était accroché, un bon match et une excellente expérience.

N-P : Ensuite, il y a les très bons résultats à Marseille et Rotterdam.

G.S. : Durant le premier tournoi, c’est un bon point. Lors de la fin de match contre Djokovic, j’ai une énorme contracture aux abdos (rires). Au tour suivant, contre Paulo (Paul-Henri Mathieu, NDLR), ça a été très dur. En Hollande, je fais deux très bons matchs contre Lopez et Tipsarevic avant de gagner sans trop de problème contre Gabashvili. Le problème, c’est qu’en demie, je me prends un autobus (il éclate de rire). Je joue contre un Soderling en surpuissance (6-2/6-1). Je me suis rarement vu autant dominé. J’avais l’impression qu’il ne faisait que des aces et des coups gagnants. C’est le genre de matchs où tu n’as aucun regret parce que le type en face est trop fort.

N-P : Comment se sont passés les deux premiers Masters Series à Indian Wells et Miami ?

G.S. : Je commençais à être bien. J’étais 29e juste avant Indian Wells mais d’autres joueurs ont fait de bons résultats donc je ne suis pas tête de série. La faute aussi à un mauvais tournoi à Zagreb, alors que j’aurais du privilégier Dubaï. Finalement je perds au deuxième tour en Californie donc je peux bien me préparer pour Miami. Le problème est que je n’ai pas un tableau facile et j’échoue contre Ancic dès le premier match.

N-P : Et puis il y a Estoril au Portugal, la semaine dernière.

G.S. : J’ai cette fois ci un tableau ouvert mais je me blesse au dos contre Cipolla. C’est embêtant d’autant qu’aujourd’hui (dimanche, NDLR) la douleur est revenue lors de mon entraînement avec Marat Safin.

N-P : Tu joues un qualifié (Ramirez-Hidalgo) avant peut-être d’affronter Federer au tour suivant. Vas-tu y penser pendant ton match ?

G.S. : Non. Jouer contre un qualifié est toujours pénible surtout dans un Masters. Ils sont tous très bien classés, entre 50e et 70e. Ils savent jouer au tennis. Ce n’est pas une ballade. En revanche, ça reste une bonne motivation de savoir que je peux jouer contre Federer. J’espère d’ailleurs pouvoir être à fond contre lui comme je l’étais contre Nadal en Australie.

N-P : Si tu l’affrontes, tu auras joué contre les trois meilleurs mondiaux en quatre mois, et pas au premier tour. Peu de joueurs peuvent s’en vanter. C’est une fierté ?

G.S. : Oui mais au-delà c’est l’un des deux du Top 10 contre lequel je n’ai jamais joué avec Blake. C’est motivant d’autant qu’il est numéro 1 mondial. J’ai envie de l’affronter. Contre Agassi, je n’ai jamais joué, et pourtant on était à un tour de se rencontrer mais à chaque fois, soit lui soit moi ne passait pas. C’est l’un de mes regrets comme de ne pas avoir joué Hewitt, Safin ou Henman en compétition. Heureusement, j’ai déjà défié Gaudio, Moya ou Ferrero qui sont d’anciens numéros 1 mondiaux. C’est génial, ça.

N-P : Tu as également eu la chance d’être en équipe de France de Coupe Davis en tant que cinquième homme contre la Roumanie en février. Qu’en retiens-tu ?

G.S. : C’est une bonne expérience de regarder, d’être là et de voir comment ça se passe. J’ai essayé d’observer un maximum. C’était sympa, il y avait une bonne ambiance. En revanche, je ne sais pas ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis donc je ne me prononcerai pas.

N-P : Dans un mois et demi, c’est Roland Garros. Ca reste un tournoi particulier pour les Français ?

G.S. : Tous les tricolores veulent bien jouer à Paris mais ce n’est pas un objectif pour tout le monde car ce n’est pas forcément la bonne surface comme pour Michaël Llodra ou Nicolas Mahut qui préfèrent Wimbledon. Pour moi, ça reste un objectif et j’espère ne pas être blessé. Si je suis tête de série là bas, tant mieux sinon ce n’est pas très grave.

N-P : Surtout qu’il y a les Jeux Olympiques en Août.

G.S. : Mon but est d’y aller. Je sais que ça va dépendre de la terre puisque ce sont les quatre meilleurs Français après Roland Garros qui y vont. J’espère que mon dos va me laisser tranquille. Pour l’instant, c’est bon.

N-P : Pour finir, quel est ton objectif pour 2008 ?

G.S. : Je veux monter au classement. Si je suis 30e à la fin comme aujourd’hui, c’est correct mais je suis censé être dans une dynamique donc le véritable objectif est d’arriver dans les vingt premiers avec un titre.
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