« Je paniquais » - Roland-Garros 2006

Publié le par Françoise


GILLES SIMON a encaissé de plein fouet la pression et perdu toute lucidité. Témoignage personnel après sa défaite 4-6 2-6 3-6 au premier tour contre Oscar Hernandez.

« JE N’ARRIVE jamais à jouer libéré dans ce stade. Depuis très longtemps. C’était déjà comme ça quand j’avais dix ans et que je disputais les Championnats de France. Cette année, je pensais que ça allait passer. J’étais en confiance, je m’étais préparé très sérieusement. Et, une fois de plus, ça m’a rattrapé sur le terrain… »
« Je ne joue pas particulièrement mal, mais je fais deux points horribles par jeu et ça suffit pour faire trois petits sets… Sur le court, je me sens perdu, je ne sais pas ce qui ne va pas. C’est terriblement frustrant. Par moments, j’ai réussi à jouer libéré. Mais d’un seul coup (et ça peut se passer n’importe quand), je voyais la balle arriver, je paniquais et je l’envoyais dans le mur. »
« J’ai mis deux sets et demi à me rendre compte qu’il fallait l’attaquer côté revers. En temps normal, dans un challenger pourri en Roumanie, je l’aurais remarqué en trois jeux… Je ne suis absolument pas lucide. Dès le début du match, j’ai fait de grosses erreurs sur un ou deux coups “limite”. Je crois que la balle sort, je la laisse passer, finalement elle rentre… Des trucs à la con comme ça ! Le mec se détache et je n’y arrive plus. Ce n’est pas que j’essaie pas. Au contraire, je m’applique, j’essaie de me relâcher, de ne pas m’énerver, de contrôler ce que je fais, mais je me plante. Prenons par exemple le coup droit d’attaque à mi-hauteur : c’est un des coups que je maîtrise le mieux sur terre battue. Je frappe fort et je peux mettre le mec à dix mètres. Aujourd’hui, j’ai dû en marquer deux et j’en ai mis quarante dans le mur. Franchement, c’est dur… »
« Sur le court, c’est un sentiment horrible. Je sais que je sens bien mes coups, que si je les frappe à l’entraînement au même endroit, à la même heure, je vais la mettre dedans. Là, c’est dehors… Après, c’est le cercle vicieux : plus on rate, plus on rate. Je ne suis même pas capable de dire si Hernandez a bien joué ou pas. C’est comme si j’étais là et pas là à la fois… Maintenant, il me reste le mixte. Puis ce sera la saison sur herbe. Je ne peux avoir que de bonnes surprises. J’en attendais une ici, elle n’est toujours pas là… »

L'Equipe

Publié dans Interviews

Commenter cet article