Hat-trick pour Simon - Bucarest 2008

Publié le par Françoise

Le Français a conservé son titre hier face à Moya (6-3, 6-4) pour sa troisième couronne de l’année.

DANS SA BOUCHE, ça paraît simple : « J’étais serein, solide. Je maîtrisais. Un break dans chaque set. » Quand même, Moya, ancien numéro 1 mondial, ancien vainqueur de Roland-Garros, avec sa grosse patate en coup droit… « Justement, je l’ai défié dans la filière coup droit. Et quand il en sortait long de ligne, je contre-attaquais en revers. » Comme un symbole, c’est sur un revers gagnant que Simon a remporté son quarantième match de l’année (20 défaites) et son troisième titre après ceux de Casablanca (terre) et Indianapolis (dur). En deux ans, le Niçois de naissance, grandi en Île-de- France et désormais exilé en Suisse, a porté son total de titres à cinq. Cinq, c’est aussi son rang dans le classement des Français les plus titrés de l’ère open. « Cinq, ajoute son entraîneur Thierry Tulasne, c’est aussi le nombre de finales consécutives qu’il vient de remporter. » Il avait perdu la première face à Almagro à Valence en 2006 mais, depuis ce loupé initial, il est infernal en finale. « Et ça, c’est important », reprend« Tutu ».Même si, tête de série no 2, il n’a fait que rester à sa place dès lors que le numéro 1 – Richard Gasquet – avait coincé en demi-finales (battu par Moya). « Je n’ai fait que tenir mon rang », dit-il spontanément. Mais il y a eu la manière : « J’ai fait beaucoup de coups gagnants. Je ne suis pas resté derrière ma ligne. Je suis allé vers l’avant. » Moya n’a pu que constater les dégâts : « Les conditions avaient changé, rendant les balles plus lourdes. J’avais du mal à le bouger, mais c’est un type dur à battre. » Revenait en mémoire cette remarque faite à Toronto par Federer, sorti par le Français à la surprise générale : « On a l’impression qu’il ne se déplace pas vite, mais ce n’est qu’une impression. »

Tulasne : « Deux chances sur dix pour le Masters »
Adoubé par le maître, alors numéro 1 mondial, Simon avait fait définitivement sa rentrée dans le gotha des potentiels tops 10. Un statut que son élimination par Del Potro au troisième tour à Flushing Meadows n’avait pas remis en question. Avec ce revers relatif, le Masters s’éloignait. « Je ne vais pas me polariser là-dessus, reprend l’intéressé quand on l’amène sur le chemin de Shanghai. Ce n’était pas un objectif du début de saison. Je n’ai aucune raison de me mettre la pression. » C’est la décompression qui est à l’ordre du jour avec cette coupure de deux semaines (reprise à Metz le 29 septembre). « Ne rien faire pendant une bonne semaine et reprendre ensuite en douceur, confirme-t-il. J’en ai besoin. Même si je suis rarement blessé, j’ai quand même, comme tout le monde, pas mal de douleurs à gérer. » Il attribue cette immunité aux grandes blessures à « un ensemble de choses dont la façon de jouer, l’entretien physique et bien sûr la chance. » Il est loin le temps du Gillou qui fuyait le kiné après les matches. « Trois titres en une année, c’est exceptionnel pour un Français, note Thierry Tulasne qui est l’un des quatre autres Tricolores à avoir réussi cet exploit. C’est le fruit de beaucoup d’investissement. Et notamment de la FFT qui m’a détaché auprès de Gilles. Merci au DTN Patrice Dominguez d’y avoir cru et de nous avoir donné tous les moyens pour son épanouissement. Dans presque tous les tournois, Gilles peut bénéficier d’un kiné ou d’un préparateur physique. » Cette machine bien entretenue peut encore surprendre. « Il a deux chances sur dix d’accrocher le Masters, estime “Tutu”, mais il faudra qu’il fasse un exploit dans l’un des deux derniers Masters Series. » Pour l’heure, il pointe à la 12e place du classement de l’année à 48 points de la huitième. Et on jurerait que la saga Simon n’est pas close pour cette année.

PASCAL COVILLE - L'Equipe, 15.9.08

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