« J'adore jouer les finales » - Metz 2008

Publié le par Françoise

Vainqueur de trois tournois cette année et de Roger Federer, Gilles Simon est devenu l'homme fort du tennis français. Et l'un des grands favoris de l'Open de Moselle. Tour d'horizon avec ce champion plein d'aplomb et pas langue de bois.

• Une belle année ? « Oui, ça, c'est sûr ! »
• Au choix, que préférez-vous : le classement (17e mondial), les trois tournois gagnés ou le succès contre Federer ? « Sans hésitation, le classement, qui veut dire beaucoup de choses. C'est mon plus gros objectif. »
• Battre le n°1 ou enlever des tournois, tout de même... « Les exploits, les grosses victoires, sur un seul match, restent plus faciles que de se maintenir à un bon niveau de jeu tout au long de l'année. Un exploit peut être sans lendemain. »
• Vous dites "plus faciles" ? « Transpercer un tournoi pendant une semaine, ça arrive. On peut être dans un état de grâce. Je ne parle même pas d'un match où il suffit d'être en forme pendant 1h30 ou 2 h. Donc, c'est plus facile ! »
• Il ne faudrait pas minimiser votre performance : vous êtes seulement le cinquième joueur français de l'histoire à gagner cinq tournois. « Bien sûr, mais on raisonne souvent avec ce qui nous manque... A l'inverse, je n'ai pas réussi à percer dans les tableaux des tournois du Grand chelem. »
• Peut-on vous considérer comme le n°1 de l'Hexagone cette saison ? « C'est une chose compliquée. Je n'ai pas gagné d'épreuves importantes. Evidemment, je suis devant à la Race (classement de l'année) mais sans avoir une énorme marge d'avance. »
• Simon ou Gasquet ? « Je ne joue pas pour me retrouver devant Richard. Je vis d'abord ma performance personnelle. Trois Français dans le top 10 mondial, ça ne changerait rien pour moi. Mon but a toujours été d'arriver le plus haut possible dans le classement. Je comprends qu'il soit important, pour vous, de dire : le n°1, c'est lui. Mais je ne joue pas en rapport avec ça. »
• Cette vive concurrence nationale a-t-elle des côtés positifs ? « Quand les autres sont bons, ils vous aident. Parce que vous avez battu ces joueurs qui dominent eux-mêmes d'excellents adversaires. Alors, vous vous rendez compte, dans la tête, que vous pouvez les imiter. J'ai mes repères avec Jo (Tsonga) et Gaël (Monfils). L'un a fait finale en Australie, le deuxième demi-finale à Roland-Garros. Je me dis : pourquoi pas moi ? Les autres Français vous désinhibent en quelque sorte ! »
• Avez-vous conscience, malgré la richesse de votre palmarès, d'être plus en retrait sur le plan médiatique que ce duo ? « Je n'ai jamais eu de problème par rapport à ça car je n'ai jamais cherché à avoir mon nom à la une des journaux. Je ne crains pas d'ailleurs que cela ne vienne pas. Chacun apporte au tennis ce qu'il peut. Je me rends compte de la différence. Gaël (Monfils) est un showman. A l'US Open, il était à peine tête de série et on l'a fait jouer sur le court Armstrong (le principal) contre un qualifié (joueur modeste donc) ».
• En causez-vous avec Monfils ? « Oui, on en rigole. Je lui balance : comment veux-tu que j'explique aux gens que je suis mieux classé que toi ? Ce qui me gêne davantage, c'est quand on confond potentiel, talent, niveau de jeu et notoriété. »
• Êtes-vous confiant pour l'Open de Moselle ? « Sur surface indoor, j'ai remporté mon premier titre à Marseille et c'était plus rapide que le greenset de Metz. Mon jeu à plat peut se révéler gênant... »
• Vous venez de gagner vos cinq dernières finales. Gilles Simon, nerfs d'acier ? « Déjà tout petit, j'adorais jouer les finales. C'est encore vrai. Simplement parce que pour y parvenir, il faut souvent gagner. Et quand on gagne, on emmagasine de la confiance. Aujourd'hui, c'est pareil : pourquoi tout d'un coup je perdrais mon niveau en un jour ? Bon, dans ces finales, je n'ai pas non plus battu Nadal ou Federer ! »
Alain THIÉBAUT, Le Républicain lorrain, 25.09.2008

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