« C'est dur de gagner des matchs en Masters Series » - Bercy 2008

Publié le par Françoise

Il entame aujourd’hui le dernier tournoi de la saison à Paris-Bercy en salle. Une surface qui lui réussit plutôt bien puisqu’il a atteint la finale du Masters Series de Madrid il y a 10 jours puis la demi-finale à Lyon samedi dernier. Des résultats qui lui permettent d’être dans les huit premiers joueurs mondiaux, et donc dernier qualifiable pour le Masters de Shangaï. Gilles Simon fait le point pour Nice Premium des événements récents passés et à venir de cette fin de saison.

Nice-Premium : Tu es allé à Lyon la semaine dernière alors qu’il y avait le risque d’arriver fatigué à Paris, pourquoi ?

Gilles Simon : L’objectif était de dépasser certains joueurs au classement de la Race. C’est chose faite puisque je suis devant Ferrer à présent. Maintenant, je dois faire aussi bien qu’eux, alors qu’avant je me devais de faire mieux qu’eux. Quand on sait à quel point c’est dur de gagner des matchs en Masters Series vu le tableau, et les joueurs présents, être devant est un avantage. Ils auront certainement un peu plus de pression, ils savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur.

N-P : Le fait que Blake et Ferrer puissent se rencontrer en huitièmes, c’est un avantage ?

G.S. : Je ne suis pas persuadé car si l’un va en quarts, je suis obligé d’y aller aussi. Beaucoup de choses peuvent se passer ici. Tous les joueurs peuvent se battre les uns les autres. A la fin du troisième tour, on y verra plus clair. Combien de joueurs peuvent encore se qualifier pour Shangaï ? Raisonnablement, je dirais quatre ou cinq en plus de Roddick, Del Potro et moi.

N-P : Que penses-tu de ton premier match contre Andreev que tu as rencontré à Madrid ?

G.S. : C’est un deuxième tour jouable mais difficile. Il me faut battre un joueur très fort, mais qui ne l’est pas plus qu’un autre. Et puis de toute façon, que ce soit lui ou un autre, il faut gagner.

N-P : Revenons-en à Madrid. Tu pensais avoir un gros tableau qui a finalement été dégagé grâce à Ginepri et Karlovic.

G.S. : Non, le seul résultat qui m’a dégagé le tableau, c’est la défaite de Djokovic. En effet, Robby Ginepri était aussi dangereux que Davydenko. J’aurais eu le même type de match à jouer derrière si ç’avait été contre le numéro cinq mondial. Pour Karlovic, il a 50 % de chances contre qui que ce soit. Et puis derrière j’ai quand même eu droit à mon Nadal que j’ai réussi à passer. Enfin, Murray a certes éliminé Federer mais il est quatrième joueur du monde. Ce n’est pas rien. De toute façon, si un joueur passe, c’est juste qu’il était en meilleur forme le jour du match.

" Contre Nadal, on a l’impression d’être la victime parfaite "

N-P : A Madrid, il y a une chose qui frappe, c’est qu’à part contre Andreev, tu étais derrière dans les confrontations directes avec ceux que tu as battu.

G.S. : Il faut faire attention avec les statistiques ATP car ils prennent en compte les matchs depuis le début de la carrière. Or Ginepri m’a battu il y a plus de deux ans. Là, il était 63e, moi 12e donc je n’avais pas de complexe à avoir, j’étais favori. Effectivement j’étais moins bien dans les confrontations mais j’étais devant au classement. Pour Karlovic, c’est pareil sauf que je l’ai battu trois fois en qualifications ou dans des challengers, ce qui ne compte pas pour l’ATP. Sa victoire était à Nottingham, qui elle compte. En fait, les précédentes confrontations, je m’en sers surtout pour savoir quels sont les points faibles de mes adversaires.

N-P : Que retiens-tu de ta victoire contre Nadal que tu n’as, heureusement pas joué sur terre battue ?

G.S. : C’est clair qu’il vaut mieux l’affronter sur surface rapide. Il est vraiment difficile de s’affirmer. C’est très compliqué car on l’impression d’être la victime parfaite. J’ai fait un mauvais début de match par ce que c’est dur de se mettre au même niveau que lui dans la tête.

N-P : Finalement, tu as semblé jouer avec le public qui ne t’en a pas voulu de battre Nadal.

G.S. : Contre un joueur comme lui, les gens s’attendent à une boucherie. Je perds le premier set 6-3, et je suis très mal en point. Tout le monde, moi y compris, pense qu’il va me mettre 6-2 dans le second. Mais à un moment, je change et le match tourne. Le public était content car il assistait à un beau match mais n’était pas inquiet pour son protégé, étant certain qu’il allait passer au final. Ils étaient vraiment heureux de voir un mec qui se bat, ils m’ont respecté dans la bagarre. Quand ils ont senti que Nadal pouvait perdre, ils ont un peu essayé de me déstabiliser ou de le pousser encore plus fort mais ils n’ont jamais été irrespectueux et ça, c’est bien.

N-P : Ce match, tu le gagne sur une balle que tout le monde voit bonne...sauf toi.

G.S. : Pour moi, dès le début, je sais qu’elle est dehors. Tout le monde a pensé qu’elle était bonne, ils voulaient tous y croire. En France, je suis sur que c’est Nadal qui aurait challengé la balle. Cela dit, j’aurais préféré gagner sur un point normal plutôt qu’un challenge. Mais c’est quand même une très bonne chose qu’il y ait la vidéo, comme sur des points aussi importants.

N-P : Vient ensuite la finale, où tu n’as semblé rien pouvoir faire contre Andy Murray.

G.S. : J’ai de suite senti que j’étais en dessous. Pourtant, j’ai bien géré la fatigue. Dans le deuxième set, je me suis battu pour conserver ma mise en jeu, j’ai même eu des balles de set mais je n’ai pas réussi à les concrétiser. C’est dommage.

N-P : Tu es donc allé à Lyon, une sorte d’entraînement pour garder l’habitude la surface rapide avant Bercy, non ?

G.S. : Exactement. Si Bercy avait été un objectif à part entière pour aller au bout, je ne serais pas allé à Lyon. Mais là, je vais être aidé dans les deux premiers tours d’avoir gardé une certaine habitude. Le truc, c’est qu’il ne faudra pas que je fasse des matchs très longs.


Nice Premium, 29.10.2008



Publié dans Interviews

Commenter cet article