"Rien n'est inaccessible" - Intersaison 2008

Publié le par Françoise

Gilles Simon est marqué par une semaine de travail foncier intensive et... une balade en VTT trop vallonnée à son goût dans les Pyrénées. Heureux de retrouver des amis de longue date, le N.7 mondial se rassure physiquement et structure son environnement avant 2009. Les "Grand Chelem" en tête.


En quoi est-ce intéressant pour toi de participer à un stage collectif comme celui-ci ?

GILLES SIMON : "J'ai besoin du collectif parce que, déjà, dans une simple mesure, c'est plus facile de se faire mal à plusieurs que tout seul avec son iPod sur les oreilles. C'est aussi simplement par ce que j'aime bien ça. J'aime bien travailler tous ensemble, découvrir d'autres joueurs et revoir ceux avec qui j'ai grandi. Je passe très peu de temps à Roland-Garros donc finalement je les vois très peu. Je suis content de partager ces moments avec eux."

"Mon seul objectif personnel, c'est de me rassurer sur ma condition physique. Me dire que je peux encore enchaîner dix jours de physique intensif. Je peux continuer à faire de bonnes séances malgré la fatigue pour pouvoir enchaîner les matches ensuite."

Est-ce que vous regrettez le fait de ne pas être avec Richard Gasquet par exemple du Team Lagardère ?

G.S. : "Non je ne regrette pas parce qu'on est déjà nombreux (14). A 40, cela serait ingérable. Et puis ce ne sont pas les joueurs que je vois toute l'année sur le circuit qui me manquent le plus. Je suis content de voir Jo ou Florent (Serra) mais là je suis plutôt content de revoir Laurent (Recouderc), par exemple avec qui je partageais déjà la chambre à l'INSEP, de savoir où ils en sont. J'ai grandi avec eux. Josselin aussi, on s'est joué de très nombreuses fois. "

Est-ce que la relation a changé avec eux ?

G.S. : "Non, cela ne change pas. C'est vrai que dans l'ensemble ils sont plus demandeurs d'expériences, un ou deux petits conseils, mais qui ne seront jamais vraiment sur le tennis mais sur la progression en elle-même. Sinon, on est sur un pied d'égalité.Quand on me dit "donner l'exemple", je dis que le seul exemple que je peux essayer de donner, c'est l'exemple de l'attitude. On a bien vu sur le vélo que j'étais loin de pouvoir tirer les autres, ce sont plutôt les autres qui m'ont tiré (rires) ! Le vélo, j'ai du mal. Ça travaille l'aspect de mon physique où je suis le moins fort, c'est-à-dire la puissance dans les jambes. Par contre même si je ne suis pas bon, je me déchire jusqu'au bout."

"C'est justement cela qui fait du bien. Quand j'ai commencé les stages physiques, avec des Nicolas Escudé, Paul-Henri Mathieu qui étaient dans les 30, sur le vélo j'étais déjà loin - forcément, mais sur les courts je courrais déjà aussi bien qu'eux. J'étais content de voir qu'il n'y avait pas un monde entre eux et moi. C'est hyper motivant de découvrir ça. "

Est-ce que la pression médiatique vous pèse ?

G.S. : "Oui (rires en regardant les journalistes). Je savais que cela allait arriver. Cela empiète sur ma tranquillité. Comme tout est arrivé très vite, c'était un peu n'importe quoi. Je vais donc essayer de structurer ça un maximum. J'ai besoin d'être seul de temps en temps. Sur le court, cela ne me gêne pas. J'y évacue souvent mes problèmes extérieurs (sourires). Avec Thierry (Tulasne, ndlr), on est en train de mettre cela en place. J'aurai une Attaché de presse (Sarah Pitkowski, ancienne joueuse professionnelle, de l'Agence 15love, et un agent à déterminer dans les semaines à venir, ndlr)."

Quels sont vos objectifs pour 2009 ?

G.S. : "Réaliser la même saison qu'en 2008 mais il faut que je réussisse en Grand Chelem. Cela ne sert à rien de gagner dix tournois si je ne fais pas mieux en Grand Chelem. Il donc y atteindre les derniers carrés. Un objectif qui me tient à coeur, mais qui ne dépend pas que de moi, c'est la Coupe Davis. On a un effectif capable de briller sur toutes les surfaces, contre toutes les équipes. On sera jamais favoris parce qu'il y a des équipes plus fortes mais on a un potentiel pour réaliser de belles choses. Avec quel entraîneur ? Ça, il faut demander au capitaine..."

Roland-Garros, est-ce inaccessible ?


G.S. : "Rien n'est inaccessible. Là, on a une "bonne" référence sur terre en la personne de Nadal. C'est donc difficile de gagner. Mais tout est possible, cela dépend du tournoi. Le plus difficile, c'est de bien s'exprimer lors des premiers tours. Si on en passe deux ou trois, et que l'on a de bons repères, on peut ensuite profiter du public. Je n'en ai pas parlé avec Gaël (Monfils, demi-finaliste en 2008, ndlr) car j'ai vécu moi-même des moments similaires."

Être dans le top 10, c'est digéré ?

G.S. : "Moi à chaque dizaine j'ai voulu progresser (sourires). Numéro 1 mondial, c'est vraiment trop tôt. Battre les meilleurs, je sais que je peux le faire. Ce qui est certain, c'est que je ne peux pas rivaliser sur l'ensemble d'une saison. Pour l'instant, je ne me sens pas capable de le faire quand on voit la densité physique et mentale, être toujours en demi-finale, finale de Masters Series et Grand Chelem. On ne peut pas prétendre être numéro 1 mondial sans gagner un Grand Chelem. Je n'aurai pas d'objectif de classement l'année prochaine, mais de réussite lors des grands tournois."
Lundi 8 décembre, Grand Stade à Saint-Cyprien (Pyrénée-Orientales)

Publié dans Interviews

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