Simon doit se faire un nom - janvier 2009

Publié le par Françoise

« C’était haut! » Ébloui par le soleil, Gilles Simon plisse les yeux en regardant 120 m au-dessus de lui le sommet de la Southern Star, la nouvelle grande roue de Melbourne d’où il vient de descendre. A la veille de son quart de finale contre Rafael Nadal, le numéro huit mondial a rempli ses obligations médiatiques pour l’ATP : interview à la télévision australienne et séance photo sur fond de décor grandiose. S’il a sans doute trouvé un peu long la demi-heure nécessaire pour accomplir un tour complet, le Français s’est toutefois plié à l’exercice avec sa bonne humeur habituelle. « Ce qui est bien chez lui, c’est qu’il se prête au jeu, commente Nicolas Arzani, le responsable médias de l’ATP. Il comprend l’importance de cet aspect dans sa carrière. Il est spontané et a toujours des choses à dire. C’est un très beau personnage. Il n’était pas très sollicité, mais il monte en flèche. »

« Le côté show-business ne l’attire pas »
Pour l’heure, la notoriété de Gilles Simon reste malgré tout bien limitée à l’international. «Dans les joueurs du top 10 qui ont une image égale à zéro, le premier est Davydenko, dont tout lemonde se fout, remarque Juan Solsona, l’envoyé spécial du quotidien sportif espagnol Marca. Simon arrive ensuite. Ce n’est pas un Tsonga qui, avec un seul résultat, est devenu populaire dans lemonde entier. Même s’il était numéro deux mondial, Simon pourrait continuer à se promener dans la rue sans que personne le reconnaisse. »
L’intéressé a bien conscience de ses limites actuelles dans ce domaine. « Les gens s’intéressent à moi, mais je n’ai pas encore laissé d’empreintes dans des tournois, raconte-t-il. Si je dois devenir plus médiatique, ça se fera par les résultats. Parce que je ne vais pas changer ma façon d’être sur le terrain et en dehors. »
Thierry Tulasne, l’entraîneur de Simon, apporte son éclairage sur son protégé : « Son rêve d’enfant, c’est de jouer au tennis contre des grands joueurs, sur des grands courts, et de se bâtir un palmarès. Mais tout le côté show-business qu’il y a parfois autour des stars du tennis ne l’attire pas du tout. Mais il le fait parfaitement parce qu’il a du talent pour ça : il s’exprime bien et dit, je trouve, des trucs intelligents. »
Cette personnalité attachante, Chris Clarey, reporter du « New York Times », l’a découverte juste avant le tournoi. Son rendez-vous avec le Français a duré une heure de plus que les vingt minutes prévues ! Clarey a apprécié « le franc-parler » du joueur. « Sur le plan international, ajoute-t-il, comme il maîtrise l’anglais et qu’il est intelligent, il peut s’ouvrir de belles perspectives s’il continue à battre les meilleurs. Mais, comme il n’est pas Tsonga qui possède un charisme pur et simple, pour lui ça se fera à la longue. » Battre Nadal ce matin serait un bon début.

David Opoczynski – Le Parisien, 28.01.2009

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