"Déterminé et courageux sur le court" - Ostrava 2009

Publié le par Françoise

Simon, premier de cordée

Comment le 8e joueur mondial au classement ATP peut-il n’avoir aucune sélection nationale en Coupe Davis ? C’est le paradoxe de Gilles Simon. Quasiment inconnu du grand public il y a un an, le Niçois, qui était remplaçant l’année dernière face à la Roumanie au premier tour et même pas sélectionné en quart de finale face aux États-Unis, occupe la place de numéro 1 français aujourd’hui. Choisi avec Jo-Wilfried Tsonga par Guy Forget pour disputer les simples du premier tour face à la République tchèque à Ostrava, il ouvre les hostilités cet après-midi face à Tomas Berdych.

« Jouer en Coupe Davis, c’est déjà très fort mais avoir la chance de la jouer avec ses potes, c’est juste incroyable, lance Simon, vingt-quatre ans. On rêvait de ça quand on était jeunes. On se disait : "Whouah, imagine qu’on joue un jour ensemble en Coupe Davis !" » Le rêve a rejoint la réalité et la presse a vite fait de surnommer cette bande de copains les « nouveaux mousquetaires ». Sauf que son pote Gaël Monfils, vingt-deux ans, occupe la place qui était la sienne il y a un. Arrivé à Ostrava quarante-huit heures après ses coéquipiers en raison de sa finale disputée à Acapulco (Mexique) dimanche puis d’un arrêt à Paris, Monfils (9e mondial) a été jugé insuffisamment préparé pour disputer ce premier tour. Tsonga (vingt-trois ans, 11e) étant incontournable au vu de son début d’année (quart de finale à l’Open d’Australie et vainqueur à Johannesbourg et Marseille), c’est Richard Gasquet (vingt-deux ans, 24e), le plus expérimenté en simple (cinq victoires pour autant de défaites) qui se trouve relégué au rôle de joker en disputant le double avec l’expert de la spécialité, Michaël Llodra. Un événement pour le Biterrois qui, depuis juillet 2005, avait toujours été le numéro un français.

Un maître tacticien

Moins brillant que Tsonga en ce début d’année, Gilles Simon réalise néanmoins un solide début de saison avec un quart de finale à l’Open d’Australie en janvier puis deux demi-finales à Marseille et Dubaï. Un pied de nez à ceux qui ne voyaient en lui qu’une étoile filante après être passé de la 29e place à la 7e en quelques mois l’an dernier. Vainqueur de trois titres (Casablanca, Indianapolis, Bucarest), finaliste du Masters Series de Madrid et demi-finaliste de la Masters Cup de Shanghai, il ne lui a manqué qu’un bon parcours dans un des quatre tournois majeurs pour devenir la nouvelle coqueluche du tennis français. Derrière une allure un peu chétive (1,80 m pour 65 kg), Simon cache en fait un véritable maître tacticien. Redoutable contreur, il apparaît aujourd’hui comme l’un des joueurs les plus difficiles à manoeuvrer du circuit. Avec les deux Andy (Murray et Roddick), il est d’ailleurs le seul français à avoir accroché à son palmarès Nadal, Federer et Djokovic en 2008.

Être plus agressif

Pour 2009, cet ancien de l’INSEP veut « rester dans le Top 10 et mieux jouer en Grand Chelem ». « Je gagne des matchs contre des joueurs très forts ou je les perds accrochés et malgré ça je sens que je peux améliorer encore beaucoup de choses, souligne-t-il. J’ai un travail à effectuer sur le jeu vers l’avant. Être plus agressif pour ne pas perdre de forces. Je dois abréger les échanges. Il faut que je m’appuie plus sur ma première balle. » C’est aussi l’avis de son entraîneur, Thierry Tulasne, comblé : « Il a vraiment une marge de progression dans sa technique et dans son système de jeu. Je suis fier de sa manière d’être déterminé et courageux sur le court. C’est un bonheur de travailler avec un joueur pareil. »

Nicolas Guillermin, L’Humanité, 06.03.2009

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