Allô Gilles Simon ? Ici la terre... - mai 2009

Publié le par Françoise

Le n°7 mondial a perdu le fil. Avant d'attaquer le deuxième tournoi du Grand Chelem de l'année, Gilles Simon ne répond plus. Il est temps de se reconnecter. Et vite.

DÜSSELDORF (de notre envoyé spécial). Le dernier simple que Gilles Simon a disputé est à l'image de la frustration qu'il traîne cette saison sur terre battue. Jeudi, face à Sam Querrey (défaite 7-5, 6-3), elle a éclaté : « Je suis incapable de gagner un match ! Je devrais essayer les Futures(tournois d'un rang inférieur à ceux de l'ATP) », ironise-t-il sur le court n°2 de Düsseldorf, alors que l'Américain prend le large dans la seconde manche. Juste derrière le banc où est assis Thierry Tulasne (l'entraîneur de Simon, autorisé à s'asseoir avec son joueur dans cette épreuve par équipes), Mireille, la maman, tente de calmer le fiston : « Chut, chut, Gilles, tu joues bien. »

Simon n'en est pas encore à s'abreuver de paroles compatissantes. Mais, avec une saison sur terre où il totalise jusqu'ici sept défaites (dont quatre consécutives) pour quatre victoires, et quelques mémorables trous d'air, la crise n'est pas loin. Sur le court, il hurle : « J'ai peur, p... ! »

« Je n'ai pas l'esprit libéré »

Peur de quoi ? « En ce moment, c'est un combat avec moi-même, avoue-t-il, avant de dédramatiser. Cela m'arrive souvent d'avoir peur. En ce moment, je ne parviens simplement pas à la dépasser. Le contexte de la terre battue y est pour quelque chose. C'est la surface où la confiance a le rôle le plus important. Quand tu es bien du fond du court, tu te sens capable de gagner le duel. C'est exactement ce que vit Nadal à Roland-Garros. »

Un n°1 mondial qu'il avait épinglé en fin de saison dernière, tout comme Federer. Simon n'est-il plus que l'ombre de lui-même ? « Avant l'Open d'Australie, les joueurs se disaient : « Ouh là, lui, il est increvable ! ». Mais, aujourd'hui, je perds contre des joueurs qui sont au-delà de la 30e place mondiale. »

Simon a peur et fait moins peur. Du coup, les ambitions à Paris sont mesurées. « Une place en deuxième semaine » lui conviendrait. Mais il appréhende à court terme : « Je n'ai pas l'esprit libéré car je sais que cela va être difficile. Si j'arrive à gagner mon premier match, quelle que soit la manière, et peu importe l'adversaire (le tirage a désigné l'Américain Wayne Odesnik, finaliste à Houston en avril), ce sera une belle victoire. »

Il est encore trop tôt pour une remise en question ou pour envisager une « aide psychologique. Je n'ai pas besoin qu'on me dise : « Là, tu as eu peur ». La preuve, je le dis moi-même ! »

L'an passé, Simon avait décroché sa place au Masters grâce au forfait de Nadal. L'ATP vient de lancer sa campagne pour le rendez-vous à Londres en fin d'année. Les huit premiers mondiaux figurent sur la publicité sauf... Simon, remplacé par Tsonga. Un affront qu'il prend avec le sourire : « Je ne joue pas pour avoir mon nom sur des affiches. » Plutôt sur des trophées.

Thomas GILBER, Ouest France, 23.05.2009

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