« Retrouver le plaisir » - mai 2009

Publié le par Françoise

Retrouver le plaisir après Madrid
«Ce n’est pas vraiment retrouver le plaisir parce que ça me fait toujours plaisir de jouer au tennis. Il y a différentes sortes de plaisir sur le court. Le plaisir de se bagarrer dans la difficulté, c’est quelque chose que j’avais un peu perdu ces derniers temps. J’ai eu beaucoup de matches où j’avais envie de bien faire, envie de passer et ça m’a un petit peu usé mentalement de me battre à chaque fois. Sur le dernier tournoi, c’est ce que j’ai ressenti face à Ivan Ljubicic. Quand ça devenait difficile, j’avais du mal à garder toute ma tête et toute ma concentration. Il faut mettre le mental au niveau du jeu et essayer de décharger un peu tout ça pour jouer, se faire plaisir et profiter de jouer un Grand Chelem à la maison pour vraiment s’éclater sur le terrain.»

L’importance des premiers tours

«C’est difficile de jouer tout de suite son meilleur tennis. Les premiers tours sont très importants dans ce type de tournoi car dès qu’on arrive à les passer, ça va tout de suite mieux. Quand on arrive vraiment à se relâcher et à se sentir bien, on peut vraiment se transcender. Ensuite, le fait de se sentir à la maison avec le public, ça peut grandement aider. Il faut se dire qu’on joue à Roland Garros et que c’est fabuleux et essayer de ne pas se mettre trop de pression. Quand ça se passe mal, on n’a pas envie que ça se termine tout de suite et finalement, ça bloque un peu. Sur les premiers tours, l'important, ce n'est pas de bien jouer, c'est juste de passer».

Ses derniers Roland Garros
«C’est un tournoi sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’exprimer comme je le voulais. Comme on dit, on apprend souvent plus de ses défaites que de ses victoires. J’ai souvent eu des moments difficiles à Roland mais ça me permet de modifier mon approche à chaque fois, en attendant de trouver la bonne. Le problème a souvent été l’envie de trop bien faire, de faire encore mieux qu’ailleurs. Et finalement, souvent, ça peut inhiber un peu. Souvent à l’approche de Roland, je me sentais bien, j’arrivais en confiance et comme ça se passait mal, c’était dur. Ce qui peut m’aider, c’est qu’avec la saison que j’ai réussi à faire l’année dernière, avec une demi-finale et une finale de Masters Series, une Masters Cup, une demie de Masters Cup, j’ai vécu beaucoup de moments importants où j’ai ressenti cette envie de bien faire, de bien jouer et d’aller loin. J’ai réussi à passer pour la première fois au-dessus. Il faut donc essayer de se servir de ces expériences là pour avancer».

Objectif cette année
«C’est difficile car ces dernières semaines, cela ne s’est pas exactement passé comme je le voulais. Les objectifs varient toujours énormément en fonction des tournois. Je ne pense pas que l’objectif de Gaël (Monfils) avant le tournoi l’an dernier, quand il venait d’abandonner à Casablanca, était d’aller faire péter le tournoi. Et pourtant, c’était son objectif à la fin quand il a vu comment ça se passait, qu’il se sentait de mieux en mieux… Un Grand Chelem, c’est long. C’est quand même 15 jours donc ça peut vraiment évoluer. Il ne faut pas non plus se tromper d’objectif avant le premier tour. Pour la première fois, je serai dans les 8 meilleurs joueurs du monde au début du tournoi. J’aimerais bien essayer de tenir mon rang. Surtout sur ce tournoi-là. Arriver à refaire mon parcours de l’Australien Open à Roland Garros, ça me plairait énormément. Mais les dernières semaines ayant été difficiles, je suis beaucoup plus méfiant».

Le statut de numéro 1 français

«L’an dernier, j’étais un petit peu au-delà de la 30e place. Au moins, cette fois-ci, j’éviterai une tête de série au premier tour. C’est déjà ça. Ce n’est pas spécialement l’attente du public qui change mais plutôt mes attentes. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce fut particulièrement difficile ces dernières années même si je n’étais pas forcément attendu. J’avais quand même envie de bien faire. Donc je m’étais mis beaucoup de pression tout seul. Ce statut ne va pas changer grand-chose. Il y aura d’ailleurs beaucoup de joueurs à observer pour le public. Ce sera plus facile pour nous car on était plusieurs à avoir réalisé une belle saison l’année dernière».

Que représente Roland Garros ?
«C’est la même chose que pour tous les autres joueurs français. Roland Garros, c’est un peu le tournoi qui nous a tous donné envie de jouer au tennis. Quand j’étais plus jeune, je regardais soit Roland, soit j’allais à Bercy ou alors on regardait la Coupe Davis à la maison. Pour moi, Roland, c’est vraiment ce qui m’a donné envie d’être joueur de tennis professionnel, envie de faire tous ces efforts pour en arriver là. Sans savoir ce que cela impliquait pour autant. A la base, c’est un rêve tout simplement d’y jouer et quand on y est, il faut arriver à faire la part des choses et se dire que maintenant, Roland Garros, ce n’est pas un Grand Chelem comme les autres puisqu’il a lieu à la maison».

Nadal, le favori ?

«Oui, sans surprise. Aujourd’hui, c’est vraiment le meilleur joueur du monde. Quel que soit la surface. Sur terre battue, c’est là où son jeu s’exprime le mieux. C’est là où ses qualités physiques et mentales ressortent le mieux aussi. Et c’est là où il a le plus confiance. A l’arrivée, quand on accumule tout ça, ça fait un joueur invaincu à Roland Garros. On a clairement l’impression qu’il s’agit d’un tournoi qui lui est prédestiné. Ce sera l’homme à battre tant qu’il restera invaincu. C’est vrai que c’est assez impressionnant ce qu’il fait. Joueur invaincu à Roland Garros, ça n’existe pas normalement (rires). Cela montre bien la performance que ça serait de le battre. Maintenant, pour moi, Nadal, ce ne sera pas avant les quarts de finale. Donc ce sera un grand plaisir de le jouer».

Roger Federer peut-il gagner ?
«Je dirais que oui. Maintenant, je reste persuadé que si Rafael Nadal n’a pas de problèmes physiques et qu’il joue à son meilleur niveau, il est plus fort. Un joueur comme Federer avec l’expérience qu’il a, reste tout de même l’adversaire le plus dangereux pour Nadal. Federer restera toujours un joueur qui fait peur parce qu’il a des coups dans sa raquette qui sont surprenants et déstabilisants pour son adversaire. Je ne pense qu’il ait besoin de changer quoi que ce soit. Je pense qu’il a surtout le malheur de tomber sur un extraterrestre en même temps que lui. Mais on peut très bien retourner la situation. Rafael Nadal, qui a dû patienter autant de temps pour être numéro 1 mondial avec son niveau de jeu, c’est parce qu’il est tombé sur Roger Federer en face. Federer a juste besoin de jouer son meilleur tennis le jour J s’il doit l’affronter, en espérant que ça se passe un peu moins bien de l’autre côté du filet».
Source: Sport24

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