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Mardi 1 janvier 2008
Qu’il a grandi, le jeune Gilles Simon, impressionnant vainqueur de Thomas Johansson hier. Il ne mesurait que 1,53 m à quinze ans !

UN NOUVEL ESPOIR du tennis français est né hier sur le central du palais des sports de Marseille. Nullement impressionné par le pedigree de son adversaire, le Suédois Thomas Johansson, le jeune Parisien s’est offert à vingt ans sa première victoire sur le circuit majeur. Il fallait de la moelle pour venir à bout du vainqueur de l’Open d’Australie 2002, encore vingt-septième mondial. Une fois l’effet de surprise passé et le premier set perdu 6-4, le Suédois revint à égalité.« J’ai eu un passage à vide dans le deuxième, expliquait Simon. J’ai réussi à rester concentré pour me préparer au troisième. » Une manche décisive qu’il conduisit de mains de maître. Il breaka à la première occasion dans le quatrième jeu et conclut sur l’engagement adverse à sa quatrième balle de match dans une salle aux anges. Simon célébra sans exubérance sa réussite. « C’est pas mon style », expliqua-t-il dans la première conférence de presse de sa carrière.
C’est pourtant bien pour ce genre d’ovation qu’il court après une petite balle jaune depuis quatorze ans. « Quand j’étais petit, raconte-t-il, tout ce qui m’intéressait, c’était de jouer dans un beau stade, devant du public. » Le petit Gilles avait besoin qu’on le voit, car il était invisible.« J’ai eu un gros problème de croissance. Quand je suis arrivé à l’INSEP, à quinze ans, je ne mesurais que 1,53 m. Heureusement que Louis Borfiga, l’un des entraîneurs, a cru en moi. »

Cent sept matches la saison passée !


Sa chance, c’est aussi qu’il ait fait ses débuts à six ans, à l’US Fontenay sous Bois (région parisienne) où l’on avait la fibre compétition. Il passa six ans sous la coupe de Céline Duverrée au bout desquels le système fédéral le prit en charge ; sport études de Poitiers, puis INSEP et enfin, l’année dernière, Centre national d’entraînement à Roland-Garros. À l’INSEP, il réussit à passer son bac S, une réussite remarquable dans ce milieu. Question tennis, c’était moins spectaculaire. « Tsonga, Montcourt, Morel ou Recouderc partaient faire les grands tournois, se souvient-il. Moi, comme j’étais encore le plus petit, je faisais avec les moyens du bord. C’est là que jeme suis bâti le style de jeu qui me permet de gagner maintenant. Je n’avais pas les moyens physiques de battre mes adversaires. J’attendais patiemment qu’ils commettent une faute. »
Il ne paie toujours pas de mine. C’est lui qui le dit, mot pour mot. Avec son 1,80m, ses 65 kilos et ses jambes façon vieilles dames de Faizant, il apparaît d’abord hors sujet. Pourtant, les habitués des circuits satellites ont appris à leurs dépens la saison dernière que ce joueur infatigable, à la superbe vision du jeu, était un redoutable client. C’est lui qui finit la saison dernière avec le plus grand nombre de matches de simple joués (107). Une tendance qui n’est pas près de s’inverser. Après avoir terminé 2004 en gagnant deux tournois « futures », il a attaqué l’année par une victoire au challenger de Nouméa, qui lui permet de pointer 148e à l’ATP.
Depuis septembre, il fait partie du groupe d’entraînement de Jérôme Potier et Thierry Tulasne. Ce dernier, qui le suit à Marseille, ne tarit pas d’éloges : « C’est un type brillant dans la vie et qui sait parfaitement s’adapter sur un court de tennis, comme il l’a démontré contre Johansson. Il a un gros potentiel. » « Je sais qu’un jour, admet l’intéressé, mon jeu d’attente ne va plus suffire. Mais jusqu’à ce que j’en prenne "une grosse", je n’abandonne pas mes convictions. » Sa progression de 300 places depuis un an les a solidement renforcées.
PASCAL COVILLE, L'Equipe

Par Françoise
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Mercredi 2 janvier 2008
SIMON AU-DELÀ DE SES FORCES
Après quatre heures et treize minutes passées à emberlificoter le jeu filou du Chilien Massu (61e), Gilles Simon s’est allongé pour le compte au bord du court. Transporté jusqu’en salle de massages en état d’hypotension, il eut juste le temps d’envoyer un SMS à son entraîneur, Jérôme Potier : « Viens, ça ne va pas bien. » Et, quand ce dernier arriva, il trouva son poulain… endormi. « Oh là là, il n’est pas bien du tout, plaisanta l’entraîneur. Mais Gilles n’est pas un génie de l’alimentation, et s’il a des qualités de fond exceptionnelles, il ne les entretient pas trop. Et comme il n’a pas l’habitude de matches en cinq sets, ça donne des choses bizarres… Heureusement, c’est un vrai matcheur. Et quand il ne pleure pas sur un court, c’est vraiment très bien ce qu’il peut faire. »
Hier, après avoir jonglé avec Nicolas Massu pendant les deux premiers sets par une alternance de balles cotonneuses et d’accélérations subites, Simon a fini par l’écoeurer en puisant les dernières gouttes de résistance dans la manche ultime. Conquis par le jeu déroutant de ce Français si difficilement débordable, Guy Forget exultait auprès d’Arnaud Clément à la fin de la rencontre.« Ce type est un génie ! Tu aurais vu comme il a eu Massu au bluff… »

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ON ATTENDAIT Gasquet et Monfils et on redécouvrira Gilles Simon et Julien Benneteau. Imités par un Fabrice Santoro plus fringant de jamais, ces deux jeunes gens, sortis des qualifications, ont gagné hier un deuxième match pour tripler déjà le nombre de Français qualifiés pour le troisième tour par rapport à l’année passée.

La palme revient à Gilles Simon, freluquet de vingt et un ans, dont les deux cuisses réunies pèsent moins qu’un des jambons de Serena Williams. À peine remis du malaise qui avait conclu les 4 heures 13 minutes de cavalcades nécessaires pour terrasser la médaille d’or d’Athènes, Nicolas Massu, il a rendu fou Tomas Berdych, l’impressionnant vainqueur du dernier tournoi de Bercy. Avec son air de ne pas y toucher et son jeu tout en toucher, Simon mit le Tchèque obtus à la torture. Derrière sa gueule de héros de sitcom pour midinettes, se dissimule un cerveau fait pour le tennis et un oeil d’horloger capable de radiographier au premier coup d’oeil les rouages de la mécanique adverse.

Longtemps en retard de croissance, encore très frêle pour son âge, Simon rappelle un peu par son style Miloslav Mecir ou Olivier Mutis, ces virtuoses du contretemps, avec plus de vitesse de balle que le Slovaque dans ses accélérations et plus de gnac que le Lorrain. Car, sous son air nonchalant, voire désinvolte, Simon est un bagarreur. Fatigué par son premier match, connaissant le goût de Berdych pour la cadence, il avait décidé de ne donner aucune intensité au match, ni par ses coups ni par son attitude. Le Tchèque tomba dans le piège. Agacé par les variations brutales de vitesse, horripilé par le zigue d’en face, il ne retrouva son tennis que très brièvement pour gagner le troisième set, mais la rechute le guettait au quatrième. Par cette victoire, Simon a atteint l’objectif primitif de sa carrière, entrer dans les cent premiers mondiaux. Il aura l’occasion de gravir quelques rangs supplémentaires s’il bat Thomas Johansson demain.

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Simon empêché
Le Français n’a jamais trouvé le bon tempo pour endiguer le déboulé de Thomas Johansson.

GILLES SIMON a pris du professeur Thomas Johansson « la leçon » qu’il estimait n’avoir encore jamais reçue d’un de ses pairs. Sèchement éliminé (6-3, 6-2, 6-1) par l’ancien vainqueur du tournoi (2002), le jeune Français est passé vendredi par toutes les épreuves : une attente dans les vestiaires (due à l’application du règlement sur les températures extrêmes), une première approche du Show Court no 2 (finalement avortée), un retour sur le même terrain quelques minutes plus tard, une interruption de la rencontre après cinq jeux (à cause d’une ondée prolongée), un transfert vers la Vodafone Arena et cette défaite, nette, carrée, implacable. Mais son humeur et son franc-parler n’en étaient pas pour autant affectés. « Nos mises en jeu n’étaient pas au même niveau, admit-il de bonne grâce. Au niveau du service et du retour, il n’y avait pas photo. Je n’ai pas réussi à lancer l’échange. J’avais l’impression que trois points par jeu n’étaient pas disputés… C’est dommage parce qu’en fond de court, j’étais à la hauteur. Mais je n’ai jamais trouvé le bon rythme. »

À juste titre satisfait de sa tournée dans le Pacifique, Simon pointait du doigt les faiblesses qui le cantonnent encore dans l’antichambre des grands. « Tout part du physique, et il est clair que j’ai du pain sur la planche, dit-il. Je pense avoir naturellement une bonne résistance, mais les matches en cinq sets, c’est autre chose. C’est très dur physiquement, que ce soit au niveau des conditions de jeu, de l’intensité et de la qualité de l’opposition. Il va falloir que je me renforce dans le bas du corps. Le problème, c’est que je pars de zéro… Ça va être long, ça va être dur, mais il faudra bien y arriver. »

Avant de penser à l’avenir, le Français souhaitait aussi savourer le présent : « Il ne faut pas me laisser pourrir par cette défaite. Je ne veux pas me laisser abattre. J’ai quand même gagné dix matches d’affilée (cinq au Challenger de Nouméa, cinq à Melbourne), je suis convaincu de ce que je suis capable de faire avec une raquette. Pendant un mois, j’ai su garder une intensité de concentration. C’est ma principale satisfaction. Je suis sur la bonne voie. » Elle le mènera dans les prochaines semaines à Andrézieux et Wroclaw (deux challengers), puis sur les qualifs de Marseille et de Rotterdam.
VINCENT COGNET - L'Equipe, janvier 2006
Par Françoise
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Mercredi 2 janvier 2008
Simon si spécial
À vingt et un ans, le Français au jeu atypique a fait tourner la tête de Berdych, dernier vainqueur de Bercy.

C’EST UN OBJET tennistique non identifié que venait de rencontrer un Berdych, tout aussi déboussolé après le match qu’il l’avait été sur le terrain. Un joueur malingre mais résistant, aux coups alternativement cotonneux et puissants, venait de le faire tourner en bourrique en tricotant un étrange scénario. « Pffff, grommelait le Tchèque, comment voulez-vous rester dans le tempo avec quelqu’un comme lui ? Il est un peu comme ces Français qui donnent l’impression de jouer en… (les bras ballants, il mime une allure totalement nonchalante). Il plante trois gros services, puis sert à la vitesse de quelqu’un qui lance la balle à la main. Il donne l’impression d’être crevé, et sort des coups sortis de nulle part… » Mais pour une fois, Gilles Simon n’avait pas bluffé : l’homme du circuit qui compte le plus de victoires en 2006 (10), quatre de plus que Federer, était lessivé. Après avoir fait tourné ses menus mollets jusqu’à l’épuisement face à Massu lundi, il avait prévu de temporiser pour voir de quel bois se chauffait l’impétueux rookie tchèque. Heureusement, ce dernier était de bonne grâce, bien bêta de n’avoir pas compris qu’il suffisait de faire courir le Français aux jambes en béton.

« Berdych n’a pas énormément réfléchi et m’a bien aidé, rigolait Simon. Pendant tout le match, j’espérais que ça allait continuer comme ça, qu’il allait m’offrir des jeux à quatre fautes directes, à mettre ses mites dehors et à s’énerver tout seul. Et je me suis appliqué à ne surtout mettre aucune intensité tout au long du match ! »

Malin et teigneux


Au terme d’une partie finalement aussi insolite que lui, les digressions bavardes du garçon venaient confirmer son sens aigu de l’analyse. Son air très juvénile, dernière manifestation d’un retard de croissance estimé à deux ans, peinait à cacher une personnalité bien trempée.« Je suis atypique, reconnaissait-il sans fard. Personne ne sait vraiment qui je suis, pas même moi. Comme tout le monde, je suis capable du meilleur comme du pire, mais dans les extrêmes… »

Porté par des dons naturels propices à certains relâchements, Gilles Simon n’est sûrement pas toujours facile à appréhender par son environnement. Son apparente désinvolture peut déconcerter ceux qui n’ont pas compris qu’il pouvait se montrer teigneux dans l’effort. Il est assez têtu pour ne pas toujours suivre les bons conseils. « Je sais que Jérôme (Potier, son coach) me prend pour un touriste au niveau du travail foncier. C’est vrai que ce n’est pas très normal de ne plus pouvoir marcher après un match de premier tour. Pour lui, il faudrait que je travaille plus. Mais j’ai des périodes, et parfois, ça me gonfle ! Je n’arrive pas toujours à mettre la même intensité à l’entraînement qu’en match. Si je rate un revers, ce n’est pas grave, j’en aurai encore trente à tenter… »

On imagine les dialogues orageux avec son entraîneur, qui n’est pas le dernier pour piquer au vif les élèves turbulents. « C’est dommage, Gilles n’est plutôt pas bosseur du tout, faisait semblant de regretter Potier, hier. Il a tant de qualités naturelles qu’il n’a pas pris l’habitude de travailler. Pourtant, il a des possibilités : il développe un meilleur rapport poids-puissance qu’Ascione (surnommé le Beef) ! Mais attention, c’est un talentueux, un malin et un teigneux. Et surtout, il a arrêté de pleurer. Quand il ne raconte pas sa vie sur un court, ça devient bien meilleur. » Tenace, Gilles Simon a pris son temps pour acquérir cette forme de maturité. Leader voilà deux ans du classement ATP du plus grand nombre de matches joués (120 !), il n’avait pas non plus hésité à tester l’an dernier durant trente-sept tournois (84 matches) ses aptitudes retorses au changement de rythme. Et s’il n’avait pas pu percer en junior à cause d’une charpente qui tardait à se construire, il a fini par dérouter des adversaires de plus en plus haut placés dans la hiérarchie.

« Ce qui me manquait jusqu’à maintenant, c’était la régularité, précisait-il hier. J’arrivais à battre pas mal de garçons dans les cinquante premiers. À côté, je perdais dans des premiers tours de Challenger. Et si je ne suis pas surpris d’avoir pu battre des joueurs comme Massu ou Berdych, je suis tout de même étonné d’arriver à tenir mon niveau de jeu. » Du coup, impayable avec son franc-parler ravageur, il pouvait envisager un avenir radieux. « Est-ce que je me fixe des limites ? Pour l’instant, je vous dirais non. »
FRANCK RAMELLA - L'Équipe 2006
Par Françoise
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Jeudi 3 janvier 2008
Premier carré pour Simon
Gilles Simon s’est qualifié hier pour les demi-finales du tournoi de Valence, en Espagne. C’est la première fois que le jeune Français (21 ans, 86e ATP) atteint ce stade de la compétition. Mené 6-3, 4-2, balle de double break, avant de s’imposer 3-6, 7-5, 6-3 au deuxième tour contre Davide Sanguinetti (52e), Simon a parfaitement négocié hier son quart de finale contre Andreas Seppi (54e, 7-6, 7-6). « J’avais raté ma tournée américaine sur dur (trois matches, trois défaites), alors que le ciment reste ma meilleure surface, mais je ne fais aucun blocage sur terre, assurait hier Simon. Depuis mon retour de Miami, ça faisait deux semaines que je m’entraînais bien et que j’avais hâte de reprendre la compétition. Contre Seppi, je n’ai rien fait d’incroyable mais je suis resté solide, je ne l’ai pas lâché de tout le match. » Simon est déjà assuré d’occuper lundi le meilleur rang de sa carrière (tout près de 70e). Quant au prix d’une place en finale ? Une victoire aujourd’hui contre Fernando Verdasco.

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Simon s’affirme

À vingt et un ans, le jeune Français disputera aujourd’hui sa première finale sur le grand circuit contre l’Espagnol Nicolas Almagro.

« C’EST NORMAL, comme il a joué toute la semaine avec moi, le coup droit de Verdasco ne pouvait pas le gêner ! » Toujours enclin à la plaisanterie, Jérôme Potier, entraîneur de Gilles Simon et gaucher comme l’Espagnol, buvait du petit-lait, hier, après la victoire du Français sur Verdasco en demi-finale du tournoi de Valence (6-2, 7-6). Seule petite déception, pour sa première finale d’un tournoi du « grand » circuit ATP (la quatrième d’un Français cette saison), Simon ne rencontrera pas Marat Safin comme il l’espérait, mais un autre jeune Espagnol, Nicolas Almagro, vingt ans et 77e mondial. Servant à 4-3 dans le troisième set du match qui opposa un peu plus tard les deux hommes, le Russe s’est en effet donné une entorse à la cheville gauche, terminant la rencontre sur une jambe (6-2, 2-6, 6-4).
Déjà vainqueur des Italiens Davide Sanguinetti (52e ATP) et Andreas Seppi (54e ATP) aux tours précédents, Simon (86e ATP) a réussi une nouvelle perf en demi-finale puisque Verdasco (34e ATP) le devance de plus de cinquante places au classement. Il la doit avant tout à sa grande lucidité sur le court. Poids léger, très mince, il savait ne pas pouvoir rivaliser en puissance avec un adversaire deux fois plus musclé que lui. Il décida donc de miser sur la patience pour l’emporter : « J’ai vu assez tôt qu’il n’arrivait pas à me déborder et qu’il avait tendance à s’énerver, précisait-il. Vers la fin du premier set, il s’est mis à beaucoup donner. »

« Rusé comme un renard »

Ces cadeaux de l’Espagnol lui permirent ainsi de remporter les trois derniers jeux du set. Le deuxième démarra moins bien avec un break cédé à 3-1,mais repris à 4-4. L’Espagnol échappa à une première balle de match à 5-4, quand le Français sortit un revers dans l’échange, mais il s’inclina au tie-break en sortant lui-même deux revers de suite, après que Simon se fut assuré un petit avantage en enchaînant, par surprise, service et volée pour mener 5 points à 4.
« Il est déjà rusé comme un renard, s’amuse Potier, il ne lui manque plus que la force du bison ! » Entre coach et joueur, le débat porte depuis longtemps sur la quantité des efforts à l’entraînement, comme le reconnaît très sincèrement Simon : « C’est vrai que je préfère de loin les matches... » Mais dix jours de boulot intensif au retour d’une tournée américaine plutôt ratée semblent lui avoir fait du bien : « Il a un excellent coup d’oeil, il est très rapide et endurant, constate Potier, il ne lui manque que de la puissance dans les jambes. Une fois qu’il l’aura, on pourrait avoir des surprises avec lui. »
On en avait déjà eu en début d’année quand Simon avait battu Nicolas Massu puis Tomas Berdych pour atteindre le troisième tour de l’open d’Australie au lendemain d’un succès au tournoi challenger de Nouméa. Une victoire aujourd’hui n’en constituerait pas vraiment une car, entre Almagro et lui, l’écart au classement n’est pas assez grand pour être significatif. « Je ne l’ai jamais rencontré, mais je le connais bien, explique-t-il. Il est très puissant des deux côtés et pas facile à manoeuvrer. » L’Espagnol est aussi enthousiaste. Un peu trop même au goût de Marat Safin, qui refusa de lui serrer la main à la sortie du court. Le cri de joie d’Almagro après avoir égalisé à 4-4 au troisième set, juste après sa blessure, lui avait à l’évidence percé les oreilles.
PHILIPPE BOUIN

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Simon dépassé
Le Français n’a pas su négocier la première finale de sa carrière.
EH OUI ! GILLES SIMON dispose peut-être de la ruse proverbiale du renard, mais il n’a pas encore la force du bison, comme le regrettait son entraîneur, Jérôme Potier, samedi. Le portrait animalier s’est vérifié cruellement, hier après-midi à Valence, à l’occasion de la première finale du Niçois (vingt et un ans) sur le circuit principal. Débordé par la puissance de l’Espagnol Nicolas Almagro, vingt ans et 77e ATP, Simon a d’abord dérouillé dans un premier set perdu 6-2, qu’il qualifia après-coup de « carnage ». Breaké d’entrée de seconde manche, il rééquilibra pourtant peu à peu le rapport de force en décidant – enfin – de se secouer. « Au début, je pensais juste à mettre la balle dedans, histoire de me régler, expliqua-t-il. Mais j’aurais dû me rendre compte plus tôt que ça ne servait à rien de temporiser. » Sur le tard, Simon accepta moins de subir, mais vendangea plusieurs occasions de chiper le service d’Almagro, un terrien d’Espagne, lifteur, solide et cavaleur. Après une heure dix-huit de bataille à armes inégales, Simon s’inclina (6-2, 6-3) et laissa son bourreau recevoir une jolie ovation récompensant un parcours épatant au cours duquel il bordura notamment Ferrero et Safin. Le tout après être sorti des qualifications ! Promu ce lundi au meilleur classement de sa carrière (autour de la 70e place), regonflé après une tournée américaine « bien pourrie », Simon devait s’envoler, ce matin aux aurores, vers Monte-Carlo, où une wild-card lui donnait le droit d’entrer dans le tableau (il affrontera le qualifié russe Gabashvili). « Maintenant, j’ai davantage d’ambitions, dit-il. Avec mon classement, je vais devoir affronter régulièrement des mecs du top 50. Je pense que j’ai le niveau pour m’ensortir et enmêmetemps je sais aussi que je suis capable de prendre des taules contre ces types-là. » – F. Be.

Par Françoise
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Jeudi 3 janvier 2008
Une fin de match formidable a permis hier à Gilles Simon d’écoeurer Gaston Gaudio, le vainqueur de Roland-Garros 2004 !

HAMBOURG – IL EST PRESQUE 15 HEURES, hier à Hambourg, quand Gaston Gaudio serre la main de Gilles Simon. La poignée de main se prolonge, l’Argentin semble attendre quelque chose du Français. L’espérer, en tout cas. Quelque chose comme : « J’ai joué le meilleur match de ma vie. » Le Français ne lui offrira pas cette mince consolation.

Après avoir été mené 4-1 dans le troisième set par un solide Gaudio, neuvième mondial et vainqueur de Roland-Garros il y a deux ans, Simon vient de remporter les cinq derniers jeux du match au terme d’un festival offensif rarissime. Selon son adversaire, déjà peu enclin au sourire d’ordinaire et franchement énervé hier (au point de déchirer son short de rage, à 4-4 au troisième set !), pas de doute : le sort avait choisi son camp. Comment expliquer autrement que ce petit Français, armé de quatre allumettes à la place des bras et des jambes, ait réussi autant de coups gagnants sur les lignes ?

Hier, Gilles Simon a posé une nouvelle pierre sur l’édifice qu’il bâtit patiemment depuis des mois. Sa plus belle pierre. Parmi les cent meilleurs joueurs du monde, personne n’a autant joué que lui en 2006. Avec 43 parties disputées (qualifs et tournois challengers compris), « Game Boy », comme le surnomment les Belges du circuit à cause de son amour des jeux vidéo, a pour second… Roger Federer (41). Le ratio est certes moins impressionnant (32 victoires et 11 défaites contre un bon 38-3 ce matin pour le numéro 1 mondial) mais la progression plus fulgurante.
Matricule 124 au 1er janvier, Simon intégrera le club des 50 dès lundi. Une victoire aujourd’hui contre le grand serveur-volleyeur bélarusse Max Mirnyi, redoutable à Hambourg, lui permettrait d’atteindre à la fois son premier quart de finale en Masters Series et le poste honorifique de numéro 4 français à l’ATP, devant Richard Gasquet…

« Je sais qu’un jour, mon jeu d’attente ne va plus suffire. » Prononcée en février 2005 à Marseille où, pour la première fois, il avait franchi un tour dans un tournoi ATP, cette phrase de Simona pris tout son sens hier au cours d’une partie qui résuma à elle seule son joli début de carrière. D’abord tenir, puis piquer. « Ma priorité était de prendre beaucoup de plaisir et de jouer à fond pour voir où j’en étais, expliqua le Français après son match. Il a mené 3-1 mais j’ai vu tout de suite qu’il était nerveux. Je me suis concentré sur la cadence du fond et je me suis senti plus fort que lui jusqu’à 6-4, 1-0. Après, il s’est mis à ne plus rater, il a changé de catégorie et bien que j’aie continué au même niveau qu’avant, je me suis retrouvé mené 3-0 au troisième set. » Ça y était : son jeu d’attente ne suffisait plus…

À quinze ans, Simon mesurait 1,53 m. Son tennis s’est développé proportionnellement à son retard de croissance. Pas de service-volée, pas de coups surpuissants. Mais de la jugeote, de la vivacité et du délié dans la technique. La fluidité rappelle Mutis, le revers Escudé et la malice Clément. Le cocktail ne manque pas de saveur. Ni de talent. Gaudio le sait depuis cette fin de match d’hier… « À 3-0 pour lui, raconta Simon, quitte à perdre, je me suis mis à “mettre des sacs” (tenter des coups gagnants, selon le lexique ATP). Ils sont rentrés, c'était une bonne nouvelle. Et puis c’était super agréable parce que je ne frappais pas ces coups de dingue dont on se dit “celui-là, je ne le referai plus jamais” ; non, là, c’était près des lignes et ça me paraissait normal ! Franchement, même si j’avais pris 6-3 au troisième, j’aurais quand même considéré que c’était le meilleur match de ma carrière. » Gaudio aurait bien voulu entendre ça.
JULIEN REBOULLET – L’Equipe, 18.05.2006
Par Françoise
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Lundi 7 janvier 2008

En progression constante, Gilles Simon s'entraîne dans la cellule de Jérôme Potier depuis deux ans et demi : «Il progresse normalement, il est jeune. Quand il est arrivé, il était 250e, puis il est monté 160e, il poursuit son bonhomme de chemin. Dès qu'il comprend les choses, ce qu'il faut travailler et qu'il est convaincu, cela va vite.» Quant au dillettantisme supposé de son élève, le coach explique son fonctionnement : «Il faut lui faire comprendre que s'il travaille, il va progresser, il va monter haut. Il a de l'ambition. Une fois qu'il comprend, il se rend compte que ça paie. Il voit un peu les autres et il a des qualités dans le travail. Dès qu'il commence, il est tout de suite en situation de réussite. On a l'impression que c'est une ablette mais il n'est pas nul physiquement. Dès qu'il fait quelque chose, ce qu'il fait est plutôt bien, donc il a une certaine motivation. Il faut lui mettre une carotte, un paquet de chocapic (sic).»
L'Équipe, octobre 2006

Par Françoise
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Dimanche 20 janvier 2008
open132007_18020484.jpg Le Français semble avoir vaincu ses doutes. Il affronte aujourd'hui en demi-finales Söderling, tombeur de Gasquet.

D'abord il se fit une montagne de Jonas Björkman. Une baleine bien sûr. Le temps de se retrouver mené 5-3. "Le temps de me rendre compte qu'il ne venait pas au filet et que son service n'était pas si terrible." Il aligna 12 points pour mener 6-5. S'il gâcha deux balles de sets sur service adverse, l'estocade arriva inexorablement dans le tie-break. La suite fut une formalité pour le Français : double-break et 6-2 pour finir. Björkman, qui fait de la résistance (34 ans et 47e àl'ATP), a paru dépassé sur une surface qui pourtant l'avantageait. Le mode d'emploi anti-Simon circulait sur le circuit depuis six mois. Mais depuis le temps qu'il se fait charcuter en chip de revers, Simon a fini par trouver la parade. Björkman, ignorant que le Français a changé de coach depuis dix jours, a voulu lui servir la même soupe. Pourtant, ce n'est pas l'arrivée de Thierry Tulasne à ses côtés qui a changé la donne sur le plan technique. Le nouveau coach met les choses au point : "S'il joue bien aujourd'hui, c'est grâce au travail fait cet hiver avec Jérôme Potier et Rodolphe Gilbert." Pourtant hier, l'intéressé lui rendait un hommage : "Thierry a su trouver les mots pour me redonner confiance." Simon est arrivé avec une victoire en dix tournois à Marseille dans cette épreuve qui lui avait permis de se faire un nom, il y a deux ans, en battant déjà un Suédois, Thomas Johansson. Il était alors sous la coupe de... Thierry Tulasne. Suivit un long intermède avec Jérôme Potier, un entraîneur avec qui il eut une longue complicité.

Porte-drapeau fédéral

"La rupture a été douloureuse", avouait-il hier. "Après plusieurs discussions avec Patrice (Dominguez, le DTN), on a décidé mon retour avec Thierry." La transition s'est faite en douceur. "D'autant que je lui dit à peu près les mêmes choses que Jérôme", précise l'intéressé. "Avec Gilles l'important est d'arriver à lui faire prendre les bonnes décisions, en faisant en sorte que ça vienne de lui." Longtemps, il a cultivé sa différence. Dans sa façon de s'entraîner, en match exclusivement. La recette fonctionna bien tant qu'il empila les matches sur le circuit inférieur (plus de 100 une saison). Pas de gammes sur un court et pas de physique. "Ca fait un bout de temps que je suis devenu sérieux", affirmait-il hier. Un fait que confirme son coach à même de jauger la différence. "Ca ne sera jamais Yannick Noah mais ça n'est pas non plus le premier Gilles que j'ai connu." Plus bosseur et moins stéréotypé dans son jeu.

Il aurait pu rebondir en rejoignant le groupe des transfuges fédéraux passés chez Lagardère. "On appelle ça "traverser la rue" dans notre jargon", dit-il malicieux (le Paris Jean-Bouin n'est guère éloigné de Roland-Garros). "Moi, je veux rester à la fédé." Parce que les sirènes de Lagardère ne lui ont rien chanté ? "J'en connais un paquet qui n'ont pas été sollicités mais qui ont pourtant été accueillis à bras ouverts." Jouer les porte-drapeaux pourrait être une belle motivation supplémentaire aujourd'hui contre un autre Suédois, Robin Söderling (26e ATP).

Par Pascal Coville - L'Equipe, 17.02.2007
Par Françoise
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Mercredi 30 janvier 2008
Serra-Gicquel.jpg Extrait d'un article de L'Equipe Magazine sur les 3
"Mousquetaires de réserve": Simon, Serra, Gicquel

Gilles Simon: Le tactique
"Il a l'intelligence du jeu, mais pas la bosse du travail."

Partie 1
Partie 2
Par Françoise
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Samedi 9 février 2008
undefined Article dans l'Equipe après la victoire à Bucarest en 2007:

Par Françoise
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Lundi 11 février 2008
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Le Lorrain, quand il était entraîneur national à l'Insep, a vu défiler les trois dimensions Simon, Monfils, Tsonga. Quelques années plus tard, il les retrouve avec des carrures de champion.

L'Open de Moselle n'existait pas encore qu'ils frappaient déjà à la porte de la renommée. Dans l'antre parisien de l'Insep où Olivier Delaitre, raquette au placard, s'occupait des juniors. Ou des nouveaux fers de lance du tennis national appelés à assurer la relève. « Ils étaient huit. » Trois d'entre eux ont déjà tiré leur épingle du jeu : Gilles Simon, Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga. Une triple réussite, à un peu plus de vingt ans. « Et encore, ils ne sont pas au bout de leur potentiel. Ils vont encore progresser » se réjouit le coach messin.

Jusqu'où grimperont-ils ? L'ancien vainqueur de la Coupe Davis, sans hésitation, les imagine bien dans les top 20 des ténors mondiaux. « Il n'y a aucune raison, tout leur est possible. » Avec Richard Gasquet, ils alimentent les rêves bleus d'un avenir rose : « Certainement. Pour les dix ans à venir, on les verra sur le devant de la scène à moins que Jo, malheureusement, ne se blesse à nouveau. »

Olivier Delaitre, d'ailleurs, craque pour Tsonga : « Un attaquant de pure souche. Il est un peu en retard sur ses copains mais c'est normal, un joueur de son style met plus longtemps à se construire. Il doit encore trouver le dosage régulier entre ses montées au filet et son jeu en fond de court. Une question de maturité. Sinon, Jo est un grand professionnel, un athlète incroyable. A l'époque, il était hors norme ! Quand on faisait des 400 m, il mettait 50 à 60 m à tout le monde. » L'entraîneur mosellan de comparer son poulain à des pur-sang. Genre « Noah ou Henman par le tennis pratiqué. » Pas mal...

Olivier Delaitre de se souvenir qu'à seize ou dix-sept printemps, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils affichaient des dispositions prometteuses. « Mais pas Gilles Simon ! Il avait du retard dans sa croissance. Il pesait 20 kg de moins et était plus petit de 30 centimètres qu'aujourd'hui. Si, je vous le dis : il faisait 1,50 m » insiste son mentor d'alors. Gilles Simon, le moins verni ? « Oh, non... Quel coup d'œil ! Il a toujours su contrer, son sens du jeu est inné. Il manquait juste de puissance. Quand il affrontait un adulte assez puissant, sa raquette se vrillait dans sa main. » Une main « talentueuse, capable de briller sur toutes les surfaces. »

Gaël Monfils ? Sa légende de puncheur était en marche avant sa majorité. « De la vitesse, capable des plus beaux coups d'éclats. Mais si Jo et lui avaient la maturité de Gilles, ils seraient nettement mieux au classement. » Trois as à la mentalité « très différente ». Trois exceptions. Avec un Simon « extrêmement intelligent », un Tsonga « sympa, attachant, marrant, qui a besoin, souvent, de se rassurer », un Monfils « fou fou, inconstant, cherchant encore sa direction » et dont « le talent ne demande qu'à exploser avec davantage de rigueur. Pour l'instant, Gaël se situe à son niveau. »

Olivier Delaitre ou le bonheur d'un père qui a vu ses jeunes pousses cavaler vers les étoiles. Sur le chemin flamboyant d'une renommée enflant au fil des semaines : « Et le chemin n'est pas fini. C'est génial, fantastique. Quand ils étaient avec moi, ils possédaient des classements modestes. » Aujourd'hui, ils portent les numéros gagnants de l'élite planétaire.
Le Républicain Lorrain, oct. 2007
Par Françoise
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