SIMON AU-DELÀ DE SES FORCES
Après quatre heures et treize minutes passées à emberlificoter le jeu filou du Chilien Massu (61e), Gilles Simon s’est allongé pour le compte au bord du court. Transporté jusqu’en salle de massages
en état d’hypotension, il eut juste le temps d’envoyer un SMS à son entraîneur, Jérôme Potier : « Viens, ça ne va pas bien. » Et, quand ce dernier arriva, il trouva son poulain… endormi. «
Oh là là, il n’est pas bien du tout, plaisanta l’entraîneur. Mais Gilles n’est pas un génie de l’alimentation, et s’il a des qualités de fond exceptionnelles, il ne les entretient pas
trop. Et comme il n’a pas l’habitude de matches en cinq sets, ça donne des choses bizarres… Heureusement, c’est un vrai matcheur. Et quand il ne pleure pas sur un court, c’est vraiment très bien ce
qu’il peut faire. »
Hier, après avoir jonglé avec Nicolas Massu pendant les deux premiers sets par une alternance de balles cotonneuses et d’accélérations subites, Simon a fini par l’écoeurer en puisant les dernières
gouttes de résistance dans la manche ultime. Conquis par le jeu déroutant de ce Français si difficilement débordable, Guy Forget exultait auprès d’Arnaud Clément à la fin de la rencontre.« Ce
type est un génie ! Tu aurais vu comme il a eu Massu au bluff… »
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ON ATTENDAIT Gasquet et Monfils et on redécouvrira Gilles Simon et Julien Benneteau. Imités par un Fabrice Santoro plus fringant de jamais, ces deux jeunes gens, sortis des qualifications,
ont gagné hier un deuxième match pour tripler déjà le nombre de Français qualifiés pour le troisième tour par rapport à l’année passée.
La palme revient à Gilles Simon, freluquet de vingt et un ans, dont les deux cuisses réunies pèsent moins qu’un des jambons de Serena Williams. À peine remis du malaise qui avait conclu les 4
heures 13 minutes de cavalcades nécessaires pour terrasser la médaille d’or d’Athènes, Nicolas Massu, il a rendu fou Tomas Berdych, l’impressionnant vainqueur du dernier tournoi de Bercy. Avec son
air de ne pas y toucher et son jeu tout en toucher, Simon mit le Tchèque obtus à la torture. Derrière sa gueule de héros de sitcom pour midinettes, se dissimule un cerveau fait pour le tennis et un
oeil d’horloger capable de radiographier au premier coup d’oeil les rouages de la mécanique adverse.
Longtemps en retard de croissance, encore très frêle pour son âge, Simon rappelle un peu par son style Miloslav Mecir ou Olivier Mutis, ces virtuoses du contretemps, avec plus de vitesse de balle
que le Slovaque dans ses accélérations et plus de gnac que le Lorrain. Car, sous son air nonchalant, voire désinvolte, Simon est un bagarreur. Fatigué par son premier match, connaissant le goût de
Berdych pour la cadence, il avait décidé de ne donner aucune intensité au match, ni par ses coups ni par son attitude. Le Tchèque tomba dans le piège. Agacé par les variations brutales de vitesse,
horripilé par le zigue d’en face, il ne retrouva son tennis que très brièvement pour gagner le troisième set, mais la rechute le guettait au quatrième. Par cette victoire, Simon a atteint
l’objectif primitif de sa carrière, entrer dans les cent premiers mondiaux. Il aura l’occasion de gravir quelques rangs supplémentaires s’il bat Thomas Johansson demain.
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Simon empêché
Le Français n’a jamais trouvé le bon tempo pour endiguer le déboulé de Thomas Johansson.
GILLES SIMON a pris du professeur Thomas Johansson « la leçon » qu’il estimait n’avoir encore jamais reçue d’un de ses pairs. Sèchement éliminé (6-3, 6-2, 6-1) par l’ancien vainqueur du
tournoi (2002), le jeune Français est passé vendredi par toutes les épreuves : une attente dans les vestiaires (due à l’application du règlement sur les températures extrêmes), une première
approche du Show Court no 2 (finalement avortée), un retour sur le même terrain quelques minutes plus tard, une interruption de la rencontre après cinq jeux (à cause d’une ondée prolongée), un
transfert vers la Vodafone Arena et cette défaite, nette, carrée, implacable. Mais son humeur et son franc-parler n’en étaient pas pour autant affectés. « Nos mises en jeu n’étaient pas au même
niveau, admit-il de bonne grâce. Au niveau du service et du retour, il n’y avait pas photo. Je n’ai pas réussi à lancer l’échange. J’avais l’impression que trois points par jeu n’étaient
pas disputés… C’est dommage parce qu’en fond de court, j’étais à la hauteur. Mais je n’ai jamais trouvé le bon rythme. »
À juste titre satisfait de sa tournée dans le Pacifique, Simon pointait du doigt les faiblesses qui le cantonnent encore dans l’antichambre des grands. « Tout part du physique, et il est clair
que j’ai du pain sur la planche, dit-il. Je pense avoir naturellement une bonne résistance, mais les matches en cinq sets, c’est autre chose. C’est très dur physiquement, que ce soit au
niveau des conditions de jeu, de l’intensité et de la qualité de l’opposition. Il va falloir que je me renforce dans le bas du corps. Le problème, c’est que je pars de zéro… Ça va être long, ça va
être dur, mais il faudra bien y arriver. »
Avant de penser à l’avenir, le Français souhaitait aussi savourer le présent : « Il ne faut pas me laisser pourrir par cette défaite. Je ne veux pas me laisser abattre. J’ai quand même gagné
dix matches d’affilée (cinq au Challenger de Nouméa, cinq à Melbourne), je suis convaincu de ce que je suis capable de faire avec une raquette. Pendant un mois, j’ai su garder une intensité de
concentration. C’est ma principale satisfaction. Je suis sur la bonne voie. » Elle le mènera dans les prochaines semaines à Andrézieux et Wroclaw (deux challengers), puis sur les qualifs de
Marseille et de Rotterdam.
VINCENT COGNET - L'Equipe, janvier 2006
Par Françoise
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Premier carré pour Simon
Gilles Simon s’est qualifié hier pour les demi-finales du tournoi de Valence, en
Espagne. C’est la première fois que le jeune Français (21 ans, 86e ATP) atteint ce stade de la compétition. Mené 6-3, 4-2, balle de double break, avant de s’imposer 3-6, 7-5, 6-3 au deuxième tour
contre Davide Sanguinetti (52e), Simon a parfaitement négocié hier son quart de finale contre Andreas Seppi (54e, 7-6, 7-6). « J’avais raté ma tournée américaine sur dur (trois matches, trois
défaites), alors que le ciment reste ma meilleure surface, mais je ne fais aucun blocage sur terre, assurait hier Simon. Depuis mon retour de Miami, ça faisait deux semaines que je
m’entraînais bien et que j’avais hâte de reprendre la compétition. Contre Seppi, je n’ai rien fait d’incroyable mais je suis resté solide, je ne l’ai pas lâché de tout le match. » Simon est
déjà assuré d’occuper lundi le meilleur rang de sa carrière (tout près de 70e). Quant au prix d’une place en finale ? Une victoire aujourd’hui contre Fernando Verdasco.
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Simon s’affirme
À vingt et un ans, le jeune Français disputera aujourd’hui sa première finale sur le grand circuit contre l’Espagnol Nicolas Almagro.
« C’EST NORMAL, comme il a joué toute la semaine avec moi, le coup droit de Verdasco ne pouvait pas le gêner ! » Toujours enclin à la plaisanterie, Jérôme Potier, entraîneur de Gilles
Simon et gaucher comme l’Espagnol, buvait du petit-lait, hier, après la victoire du Français sur Verdasco en demi-finale du tournoi de Valence (6-2, 7-6). Seule petite déception, pour sa première
finale d’un tournoi du « grand » circuit ATP (la quatrième d’un Français cette saison), Simon ne rencontrera pas Marat Safin comme il l’espérait, mais un autre jeune Espagnol, Nicolas Almagro,
vingt ans et 77e mondial. Servant à 4-3 dans le troisième set du match qui opposa un peu plus tard les deux hommes, le Russe s’est en effet donné une entorse à la cheville gauche, terminant la
rencontre sur une jambe (6-2, 2-6, 6-4).
Déjà vainqueur des Italiens Davide Sanguinetti (52e ATP) et Andreas Seppi (54e ATP) aux tours précédents, Simon (86e ATP) a réussi une nouvelle perf en demi-finale puisque Verdasco (34e ATP) le
devance de plus de cinquante places au classement. Il la doit avant tout à sa grande lucidité sur le court. Poids léger, très mince, il savait ne pas pouvoir rivaliser en puissance avec un
adversaire deux fois plus musclé que lui. Il décida donc de miser sur la patience pour l’emporter : « J’ai vu assez tôt qu’il n’arrivait pas à me déborder et qu’il avait tendance à
s’énerver, précisait-il. Vers la fin du premier set, il s’est mis à beaucoup donner. »
« Rusé comme un renard »
Ces cadeaux de l’Espagnol lui permirent ainsi de remporter les trois derniers jeux du set. Le deuxième démarra moins bien avec un break cédé à 3-1,mais repris à 4-4. L’Espagnol échappa à
une première balle de match à 5-4, quand le Français sortit un revers dans l’échange, mais il s’inclina au tie-break en sortant lui-même deux revers de suite, après que Simon se fut assuré un petit
avantage en enchaînant, par surprise, service et volée pour mener 5 points à 4.
« Il est déjà rusé comme un renard, s’amuse Potier, il ne lui manque plus que la force du bison ! » Entre coach et joueur, le débat porte depuis longtemps sur la quantité des efforts à
l’entraînement, comme le reconnaît très sincèrement Simon : « C’est vrai que je préfère de loin les matches... » Mais dix jours de boulot intensif au retour d’une tournée américaine plutôt
ratée semblent lui avoir fait du bien : « Il a un excellent coup d’oeil, il est très rapide et endurant, constate Potier, il ne lui manque que de la puissance dans les jambes. Une fois
qu’il l’aura, on pourrait avoir des surprises avec lui. »
On en avait déjà eu en début d’année quand Simon avait battu Nicolas Massu puis Tomas Berdych pour atteindre le troisième tour de l’open d’Australie au lendemain d’un succès au tournoi challenger
de Nouméa. Une victoire aujourd’hui n’en constituerait pas vraiment une car, entre Almagro et lui, l’écart au classement n’est pas assez grand pour être significatif. « Je ne l’ai jamais
rencontré, mais je le connais bien, explique-t-il. Il est très puissant des deux côtés et pas facile à manoeuvrer. » L’Espagnol est aussi enthousiaste. Un peu trop même au goût de Marat Safin,
qui refusa de lui serrer la main à la sortie du court. Le cri de joie d’Almagro après avoir égalisé à 4-4 au troisième set, juste après sa blessure, lui avait à l’évidence percé les oreilles.
PHILIPPE BOUIN
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Simon dépassé
Le Français n’a pas su négocier la première finale de sa carrière.
EH OUI ! GILLES SIMON dispose peut-être de la ruse proverbiale du renard, mais il n’a pas encore la force du bison, comme le regrettait son entraîneur, Jérôme Potier, samedi. Le portrait animalier
s’est vérifié cruellement, hier après-midi à Valence, à l’occasion de la première finale du Niçois (vingt et un ans) sur le circuit principal. Débordé par la puissance de l’Espagnol Nicolas
Almagro, vingt ans et 77e ATP, Simon a d’abord dérouillé dans un premier set perdu 6-2, qu’il qualifia après-coup de « carnage ». Breaké d’entrée de seconde manche, il rééquilibra pourtant
peu à peu le rapport de force en décidant – enfin – de se secouer. « Au début, je pensais juste à mettre la balle dedans, histoire de me régler, expliqua-t-il. Mais j’aurais dû me
rendre compte plus tôt que ça ne servait à rien de temporiser. » Sur le tard, Simon accepta moins de subir, mais vendangea plusieurs occasions de chiper le service d’Almagro, un terrien
d’Espagne, lifteur, solide et cavaleur. Après une heure dix-huit de bataille à armes inégales, Simon s’inclina (6-2, 6-3) et laissa son bourreau recevoir une jolie ovation récompensant un parcours
épatant au cours duquel il bordura notamment Ferrero et Safin. Le tout après être sorti des qualifications ! Promu ce lundi au meilleur classement de sa carrière (autour de la 70e place), regonflé
après une tournée américaine « bien pourrie », Simon devait s’envoler, ce matin aux aurores, vers Monte-Carlo, où une wild-card lui donnait le droit d’entrer dans le tableau (il affrontera
le qualifié russe Gabashvili). « Maintenant, j’ai davantage d’ambitions, dit-il. Avec mon classement, je vais devoir affronter régulièrement des mecs du top 50. Je pense que j’ai le
niveau pour m’ensortir et enmêmetemps je sais aussi que je suis capable de prendre des taules contre ces types-là. » – F. Be.
Par Françoise
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En progression constante, Gilles Simon s'entraîne dans la cellule de Jérôme Potier depuis deux ans et demi : «Il progresse normalement, il est jeune.
Quand il est arrivé, il était 250e, puis il est monté 160e, il poursuit son bonhomme de chemin. Dès qu'il comprend les choses, ce qu'il faut travailler et qu'il est convaincu, cela va vite.»
Quant au dillettantisme supposé de son élève, le coach explique son fonctionnement : «Il faut lui faire comprendre que s'il travaille, il va progresser, il va monter haut. Il a de l'ambition.
Une fois qu'il comprend, il se rend compte que ça paie. Il voit un peu les autres et il a des qualités dans le travail. Dès qu'il commence, il est tout de suite en situation de réussite. On a
l'impression que c'est une ablette mais il n'est pas nul physiquement. Dès qu'il fait quelque chose, ce qu'il fait est plutôt bien, donc il a une certaine motivation. Il faut lui mettre une
carotte, un paquet de chocapic (sic).»
L'Équipe, octobre 2006
Par Françoise
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