Interviews

Mardi 1 janvier 2008

Gilles Simon, 20 ans, s'est fait un nom lors de la saison 2005 en s'approchant des 100 premières places mondiales et en obtenant ses premiers galons sur le grand circuit. D'origine niçoise, le joueur de Fontenay-sous-Bois compense son manque de puissance et son gabarit modeste par un formidable coup d'œil et un jeu de jambes époustouflant. Dans cet interview réalisée pour Tennis Info en octobre 2005, Gilles Simon dévoile son parcours et ses ambitions.

Pour mieux vous connaître, commençons par votre "background". A quel âge et dans quelles circonstances avez-vous débuté le tennis ?
J'ai touché ma première raquette à 6 ans, en suivant mes parents à l'US Fontenay-sous-Bois. Je suis né à Nice, mais je crois que j'avais seulement un an lorsque nous sommes partis pour le Val de Marne. Et je suis resté 13 ans à l'US Fontenay, j'ai intégré le Racing Club de France il y a seulement deux saisons. Mais je me sens à la fois de Fontenay et de Nice, car j'ai reçu une éducation niçoise. Toute ma famille vient de là-bas.

Quel a été votre parcours ?
Céline Duvérée m'a entraîné pendant six ans à l'US Fontenay, puis j'ai intégré le Sport études de Poitiers pendant un an. Ensuite, je suis resté à l'INSEP pendant quatre ans. Et puis j'ai intégré le groupe espoirs à Roland-Garros dirigé par Jérôme Potier. Pendant mes jeunes années, Dominique Poey à Poitiers et plus encore Louis Borfiga à l'INSEP ont joué un rôle essentiel dans ma progression. Je dois reconnaître que j'étais un cran en dessous des meilleurs de ma génération, comme Clément Morel qui a remporté l'Open d'Australie juniors en 2002. Ils ont cru en moi, ils m'ont gardé au sein de la Fédération. J'étais très petit lors de mon adolescence, et ça m'empêchait de lutter à armes égales contre des jeunes de mon âge qui étaient plus puissants. Ça allait encore chez les 13-14 ans, j'étais en équipe de France et je suis allé en huitièmes de finale aux Petits As à Tarbes, mais après… J'ai fait mon chemin dans l'ombre.

Y a-t-il eu des moments de doutes ?
J'ai toujours cru en moi, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde…Lors du dernier Roland-Garros, certains sont venus me voir pour me dire honnêtement qu'ils étaient surpris de me retrouver à ce niveau-là. Ce qui était dur, c'était de perdre contre des jeunes moins forts que moi sur le plan du jeu, mais plus développés physiquement. Mais je savais que ma taille modeste serait un atout plus tard. Elle permet de développer des qualités de coup d'œil. Je me suis beaucoup raccroché à ça. Et le soutien de "Luigi" Borfiga a été essentiel. Mais bon, quand on est à 15/4 à 14 ans, c'est difficile d'avoir des certitudes quant à une carrière professionnelle. Longtemps, le "prof" du club classé 4/6, c'était lui l'idole (rire) !

Avez-vous eu un modèle à qui vous raccrochez ?
J'aimais bien Michael Chang quand j'étais petit. Ce n'est sans doute pas un hasard…

Avez-vous envisagé une autre voie en cas d'échec ?
Non, le tennis a toujours été ma passion. C'était dur pour moi d'aller à l'école (sourire). Mais j'ai quand même eu mon bac S. C'était surtout la volonté de mes parents… Et puis c'est vrai qu'à 18 ans, tandis que des copains se battaient sur les tournois du Grand Chelem chez les juniors, moi, j'avais du mal à battre des -15. En fait, j'adore jouer. Vraiment. L'entraînement, c'est autre chose.

A quel moment avez-vous senti les choses se débloquer ?
En fait, à cause de mes difficultés dans les tournois de jeunes, je suis venu plus tôt que les autres sur le circuit Future, en France. Même si ce n'était que des "qualifs", j'ai été très vite confronté aux tournois "pros". Luigi voulait aussi me laisser me débrouiller seul. A 18 ans, au lieu d'intégrer le groupe espoirs du CNE, je suis resté une quatrième année à l'INSEP. Normalement, ce n'est pas comme ça que ça se passe, mais c'était le vœu de Louis Borfiga. Sur les tournois, j'étais seul. J'ai dû attendre 19 ans pour obtenir mon tout premier point ATP. C'est long…Et puis au cours de l'été, ça s'est décoincé, j'ai remporté deux titres en Future et perdu une finale. La confiance était enfin dans mon camp. Au classement, j'ai fait un bond de 700 places ! Ensuite, j'ai été régulier, j'ai passé quelques tours par ci par là. Mais ce qui a changé, c'est le gros travail que j'ai accompli pendant l'hiver. Mon problème, c'est que je ne voulais faire que des matchs. J'ai fait des saisons de plus de 100 matchs. J'ai toujours eu un bon cœur et une bonne endurance, mais il fallait que je bosse physiquement. La "muscu", je n'y allais pas toujours (rire). Et puis je devais faire du panier, taper des balles, encore et encore. Depuis que je suis tout petit, les séances de panier, ça me donnait la nausée… Mais comme ma croissance était achevée, ça m'a décidé à me mettre sérieusement à bosser. Et j'ai senti la différence…Tous les jours, j'étais à fond. C'était une première pour moi.

Votre année 2004 a donc été remarquable, puisque vous êtres grimpé au 174e rang…

Pendant les huit premiers mois, j'ai été très régulier. Je crois que je n'ai pas concédé une seule "contre". Enfin, j'arrivais à rivaliser avec des joueurs comme Jérôme Haehnel, ou Marc Gicquel. Avant, quand je jouais contre un gars proche des 100 premiers, c'était souvent une boucherie… En ayant commencé par des Future, je crois que c'était difficile de faire mieux pour moi.

Mais le grand public vous a surtout découvert en 2005, et notamment à Marseille où vous avez éliminé au premier tour Thomas Johansson, 20e mondial et vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem…

La saison avait commencé fort avec ma victoire au Challenger de Nouméa. Là encore, j'ai beaucoup bossé physiquement au cours de l'hiver. Et début janvier, je gagne un 75 000 dollars ! J'avais beaucoup mis l'accent sur le renforcement du haut du corps. Aujourd'hui, enfin, je suis capable de servir fort pendant tout un match. Et puis après, il y a eu Marseille. C'était vraiment fort. Premier tournoi du grand circuit, premier "top 20". Et en fait, je n'avais pas peur. Passer par les "qualifs" m'avait mis en confiance. Bon, j'étais persuadé de pouvoir rivaliser avec ces gars-là. A l'entraînement, je tapais avec Paul-Henri Mathieu ou Nicolas Escudé et je voyais que j'étais à la hauteur. Mais voir des copains que sont Gaël Monfils ou Jo-Wilfried Tsonga briller à Bercy en 2004 m'avait convaincu que c'était possible.

Aviez-vous eu le sentiment d'entrer dans un autre monde ?
Pas vraiment. Les médias semblaient considérer que je venais du nulle part, mais moi j'avais le sentiment d'être à ma place. Je n'étais pas une "découverte" pour les autres joueurs français ou les entraîneurs. Les journalistes, le public ne connaissaient peut-être pas mon jeu, mais sans vantardise, je savais que j'avais le potentiel pour rivaliser à ce niveau. Ceux qui me connaissent savent que je suis capable du meilleur… et du pire.

Quelles vont être les prochaines étapes de votre progression ?
Je suis persuadé que si j'arrive, par exemple, à être 50e mondial, je n'aurais pas trop de difficultés à me maintenir à ce rang. Le problème, c'est que pour y parvenir, vous ne pouvez pas vous contenter de quelques bonnes victoires. Après, cela vous ouvre la porte de tous les tournois. C'est plus confortable. On le sait, et c'est pour ça qu'on peut se crisper, non pas à cause du niveau de l'adversaire, mais des éventuelles retombées d'une victoire, en terme de points.

Et en termes de jeu, vers quelle voie allez-vous axer votre travail ?
Je peux me débrouiller sur toutes les surfaces, même si je manque de puissance. Jérôme (Potier) voudrait que je sois encore plus rigoureux à l'entraînement, afin que je puisse tenir un bon niveau jeu tout au long de l'année, et pas seulement par séquences.

Gilles Simon vainqueur d'un grand tournoi, c'est possible ?
J'ai la prétention de pouvoir dire que je peux gagner des grands matches. Gagner un Grand Chelem ou un ATP Masters Series, par contre (rire) ! Il faudrait d'abord que je sois plus régulier, et que je m'installe autour de la 50e place pour être confronté toutes les semaines aux meilleurs. Mais quand je vois que Florent Serra à remporter un titre, à Bucarest, ça me donne des idées. Florent, je l'ai battu cette année !

Qu'est-ce qui vous fait rêver ?
Quand j'étais petit, mon rêve, c'était de jouer sur un grand terrain. Le "central" de Roland-Garros…Je n'aurais pas peur, avec le public derrière moi en plus. J'ai disputé mon premier "Roland" en 2005, mais c'était face à un Français (Olivier Patience), sur le court n°17, et je n'ai pas ressenti de magie autour de l'événement. J'aurais préféré le tirage de "Jo" (Tsonga), qui a joué Roddick. Mon truc, c'est ça, c'est de breaker Roddick ou un Safin sur le central de Roland-Garros. Un jour peut-être…

 

Par Françoise
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Jeudi 3 janvier 2008
GILLES SIMON, vainqueur de Berdych, se plaît à déstabiliser ses adversaires avec son jeu atypique. 

Révélé par une victoire sur le Tchèque Tomas Berdych au dernier Open d’Australie, Gilles Simon a profité d’une nouvelle rencontre avec le vainqueur du Masters de Bercy pour se hisser au troisième tour. En utilisant son endurance naturelle et sa science du jeu. Finaliste dimanche du tournoi de Valence, le jeune Français (vingt et un ans) a dû puiser dans ses ressources, hier, pour s’en sortir en trois sets (7-6, 6-7, 6-4). Ce stakhanoviste des tournois, qui n’est pas un foudre d’entraînement, n’en est pas à un paradoxe près. 

« ÇA A ÉTÉ LONG et douloureux…

Au troisième set, j’étais fatigué, je ne me voyais pas sortir en vainqueur. C’est mon septième match en dix jours, physiquement, c’est très dur. J’ai été breaké le premier, mais comme on était assez proches, je me suis accroché et j’ai exploité sa première baisse de régime.
– Vous aviez déjà fait des misères à Berdych à l’Open d’Australie.
– J’ai beaucoup moins bien joué cette fois. J’avais trop de mal à frapper dans la balle. Je me contentais de la remettre doucement, puisqu’il n’aime pas ça. Il avait du mal à terminer les échanges. Mais, au contraire de l’Australie, je n’ai pas été capable de lui planter des accélérations.
– La récupération devient primordiale. Comment allez-vous vous préparer à affronter Ivan Ljubicic ?
– Les massages, c’est non. Je vais me reposer à l’hôtel. De toute façon, Ljubicic n’est pas le joueur le plus physique du tournoi. Ça va se jouer en très peu de frappes, donc physiquement, ça devrait aller. Mais, bien sûr, ça sera très dur de gagner, parce que c’est l’un des tout meilleurs joueurs du monde.
– À quel moment, cette saison, avez-vous senti que vous franchissiez un cap ?
 – J’ai eu une première bonne surprise en Australie (il avait atteint le troisième tour). J’ai très bien joué. Je me suis agréablement surpris. Mais à l’opposé, lors de la tournée aux États-Unis, malgré une impression de bien jouer, je n’ai rien fait de bon. J’ai enchaîné plusieurs défaites dans les premiers tours, c’était pas très drôle. J’ai été obligé d’admettre que je n’étais pas tant au niveau que ça. C’est pour ça qu’il était important que je retrouve le chemin de la victoire.

« Depuis tout petit, je suis un “matcheur” »

– Est-il vrai qu’il y a une affiche au Centre national d’entraînement à Roland-Garros qui dit : “Pour Gilles, le gymnase, c’est par là !” ?

– Ça, c’est une vanne de “Jéjé” (Jérôme Potier, son entraîneur). Je n’ai pas la réputation d’être un gros bosseur mais c’est de moins en moins justifié. De toute façon, j’ai connu un développement physique très tardif et je n’aurais pas pu encaisser cette dose d’entraînement. Après, j’ai toujours préféré la compétition. Depuis tout petit, je suis un “matcheur”. J’ai eu le record du plus grand nombre de matches joués sur le circuit en 2003 ou 2004 avec 120 matches. Ça a surpris tout le monde. Moi, ça me paraît normal. J’ai l’impression que depuis l’âge de dix ans, je fais des saisons à rallonge. Ceci dit, c’est vrai que l’entraînement, c’est quelque chose que je n’aime pas forcément, tout en me rendant compte que ça sert beaucoup.
– Vous êtes un joueur toutes surfaces ou avez-vous une préférence ?
– Je peux jouer sur toutes surfaces, mais j’ai une prédilection pour le dur extérieur. Sur terre, je peux très bien jouer, mais j’ai du mal à y être constant. L’an dernier, j’ai eu du mal à maintenir un bon niveau de jeu sur deux mois.
– Sur le terrain, vous avez un côté joueur d’échecs.
– J’y ai joué, quand j’étais jeune. En général, je vois assez bien ce qu’il faut faire sur un court. Mais ça ne suffit pas. Encore faut-il avoir les coups pour l’appliquer. En finale à Valence, la semaine dernière, je voyais bien ce qu’il fallait faire, mais je n’y arrivais pas.
– On dit dans le milieu que vous êtes vraiment un joueur à part, avec un jeu bien particulier, qui énerve.
– Tant mieux si j’énerve. Mais je ne vois pas pourquoi. C’est vrai que je suis un contreur, mais je ne suis pas le seul. Non, franchement, je n’ai pas l’impression d’être un OVNI.
– Et maintenant, avez-vous des objectifs particuliers, pour ce qui est de votre classement, par exemple ?
– Non, non, je suis à un “sale” classement (il est soixante-neuvième). Il me faut 200 points de plus pour gagner dix places. L’objectif, c’est d’aller le plus loin possible dans les tournois. Comme ici, où j’ai bien exploité ma wild-card. »
PASCAL COVILLE, l'Equipe, 20.04.2006
Par Françoise
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Samedi 5 janvier 2008

GILLES SIMON a encaissé de plein fouet la pression et perdu toute lucidité. Témoignage personnel après sa défaite 4-6 2-6 3-6 au premier tour contre Oscar Hernandez.

« JE N’ARRIVE jamais à jouer libéré dans ce stade. Depuis très longtemps. C’était déjà comme ça quand j’avais dix ans et que je disputais les Championnats de France. Cette année, je pensais que ça allait passer. J’étais en confiance, je m’étais préparé très sérieusement. Et, une fois de plus, ça m’a rattrapé sur le terrain… »
« Je ne joue pas particulièrement mal, mais je fais deux points horribles par jeu et ça suffit pour faire trois petits sets… Sur le court, je me sens perdu, je ne sais pas ce qui ne va pas. C’est terriblement frustrant. Par moments, j’ai réussi à jouer libéré. Mais d’un seul coup (et ça peut se passer n’importe quand), je voyais la balle arriver, je paniquais et je l’envoyais dans le mur. »
« J’ai mis deux sets et demi à me rendre compte qu’il fallait l’attaquer côté revers. En temps normal, dans un challenger pourri en Roumanie, je l’aurais remarqué en trois jeux… Je ne suis absolument pas lucide. Dès le début du match, j’ai fait de grosses erreurs sur un ou deux coups “limite”. Je crois que la balle sort, je la laisse passer, finalement elle rentre… Des trucs à la con comme ça ! Le mec se détache et je n’y arrive plus. Ce n’est pas que j’essaie pas. Au contraire, je m’applique, j’essaie de me relâcher, de ne pas m’énerver, de contrôler ce que je fais, mais je me plante. Prenons par exemple le coup droit d’attaque à mi-hauteur : c’est un des coups que je maîtrise le mieux sur terre battue. Je frappe fort et je peux mettre le mec à dix mètres. Aujourd’hui, j’ai dû en marquer deux et j’en ai mis quarante dans le mur. Franchement, c’est dur… »
« Sur le court, c’est un sentiment horrible. Je sais que je sens bien mes coups, que si je les frappe à l’entraînement au même endroit, à la même heure, je vais la mettre dedans. Là, c’est dehors… Après, c’est le cercle vicieux : plus on rate, plus on rate. Je ne suis même pas capable de dire si Hernandez a bien joué ou pas. C’est comme si j’étais là et pas là à la fois… Maintenant, il me reste le mixte. Puis ce sera la saison sur herbe. Je ne peux avoir que de bonnes surprises. J’en attendais une ici, elle n’est toujours pas là… »

L'Equipe

Par Françoise
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Vendredi 11 janvier 2008

Après la défaite d'entrée contre Bracciali (6/3 6/4):
Gilles, après votre défaite ce lundi, quel bilan pouvez-vous tirer de votre fin de saison, notamment en indoor ?
C'est un bilan plus que moyen, il faut le reconnaître. Mais la saison en indoor est finie pour moi donc ça ne sert plus à rien d'en parler. Il faut maintenant se préparer pour la saison à venir qui sera certainement difficile.

Quelles en seront d'ailleurs les grandes lignes ?
Je vais d'abord me reconcentrer sur mon jeu car depuis l'année dernière, je joue en confiance et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Je vais aussi en profiter pour travailler mon service pour plus pousser en deuxième balle. Mais en tout cas, je n'ai aucune lassitude mentale ou physique. Par contre, je commence à être excédé de ne jamais réussir à bien jouer à Paris...

Quelles sont les raisons de ce blocage selon vous ?
Autant je peux être performant à Miami par exemple, autant en France, ce n'est vraiment pas évident pour moi. En tant que Français, j'essaie toujours de faire des beaux points, de régaler le public. Il y a même des fois où je me demande ce qui m'amène sur le court. Le spectacle ou la victoire.

D'ailleurs, une telle mésaventure vous était déjà arrivée à Roland Garros au printemps dernier...
C'est vrai et c'est là-dessus que je veux vraiment progresser pour les mois à venir. Chaque saison, je m'aperçois que j'ai des baisses de régime qui tombent toujours lors des grands événements que ce soit des Grands Chelems ou des Masters Series. Je suis encore trop tendu dans ces moments là et je vais travailler là-dessus.

Globalement, vous estimez néanmoins qu'il ne faut quand même pas noircir le tableau 2006 ?
C'est sûr, j'ai fait de bonnes choses. Au niveau du classement, je suis tout de même satisfait de mon parcours. Il ne faut pas oublier que j'ai débuté l'année à la 124e place et je suis aujourd'hui 44e. J'ai quand même gagné 80 places, ce qui me convient bien. Maintenant, j'aimerais encore en gagner encore une vingtaine de plus en 2007.

Par Françoise
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Lundi 21 janvier 2008
Marseille-3.jpg Le jeune Français Gilles Simon, 22 ans, a remporté l'Open 13 de Marseille, dimanche. Il s'est imposé en finale face au Chypriote Marcos Baghdatis. C'est le premier titre de sa jeune carrière.

Gagner votre premier tournoi sans perdre un set, c'est quand même assez exceptionnel, non ?
Oui, c'est un peu bizarre ! Mais je suis très heureux d'avoir gagné. Après ne perdre aucun set, c'est un bonus, mais ça ne change pas grand chose...

Qu'avez-vous ressenti à la fin du match ?
D'un coup tout est terminé, ça y est, c'est gagné. Toute la pression, la tension s'envole. On se laisse aller. Et même si je ne suis pas très démonstratif, j'étais extrêmement heureux. J'ai eu beaucoup d'émotions grâce au public, donc j'ai vraiment tenu à leur rendre hommage à la fin. J'ai été très touché que le public soit plus de mon côté car je sais que Marcos est beaucoup apprécié, il a des fans partout dans le monde, donc ça m'a fait vraiment du bien d'être soutenu comme ça. J'ai pu m'appuyer sur le public dans les moments difficiles. D'ailleurs, si cette finale avait eu lieu ailleurs, avec un public différent, ça n'aurait pas été gagné...

Quel bilan tirez-vous de votre semaine marseillaise ? Avec ce titre, vos objectifs de la saison vont-ils être revus à la hausse ?
Cette victoire fait du bien, je suis soulagé. Elle tombe en plus au bon moment. Je vais essayer de me souvenir de ce que j'ai fait cette semaine pour la suite. En tout cas, ça donne envie, ça montre que je suis capable, que le niveau de jeu est toujours là. Et ça me fait prendre conscience que si je fais ce qu'il faut, je peux vraiment m'améliorer et remonter au classement. Je n'ai jamais été aussi heureux. C'était très important pour moi de m'imposer dans cette finale. Au début du tournoi, je ne pensais pas à la finale, mais une fois qu'elle était là, je ne voulais surtout pas la laisser passer. Ca me tenait vraiment à coeur de m'imposer.

Vous avez eu des mots très gentils envers Marcos Baghdatis à la fin du match...
Marcos est quelqu'un de très agréable, c'est une personne incroyable. Le tennis a besoin de joueur comme lui. C'est grâce à des garçons comme lui que les gens aiment le tennis et se déplacent pour voir des matchs. Il est très démonstratif, c'est un joueur plus attrayant que certains autres...

Il est un peu un modèle pour vous, un exemple à suivre ?
Chaque joueur a son style. On est tous différents et c'est mieux pour le tennis. Personnellement je préfère garder les choses pour moi. Même si, ici, je me suis rendu compte que ça fait quand même du bien de lâcher un peu des choses de temps en temps. J'ai pu le faire ici, mais c'est pas possible partout.
Source

Par Françoise
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Mardi 22 janvier 2008
How does it feel to win your first ATP title without dropping a set? Did you ever think you would do that having to beat Top 20 players Hewitt and Baghdatis along the way?
Winning the tournament without dropping a set is a little extra. It was great to be players like Hewitt and Baghdatis. I didn't really expect to win five matches in a row.

After you won the last point in the tie-break what was going through your mind?
I wasn't really aware of what I just did. You focus on the match and then suddenly everything is over. That's very nice. All of a sudden the match is over and that's a very special feeling.

You are the first Frenchman to win an ATP title this year and there is so much depth in French tennis with 12 or 13 players in the Top 100. What do you think about the state of French tennis?
I think that the French tennis has been improving during the last two years. Five years ago we only had one player in the top 50 and everybody was a bit worried. Now we are many, but I think that there should be more French players in the Top 20. Right now we have more than ten players in the top 50 and I hope that some of us will move to the top level.

You lost your first ATP final last year in Valencia and did you do anything different going into the Marseille final?
Not really. I was just having more fun on the court because it was in Marseille. Almagro was playing very well in Valencia. It was impressive. He deserved the victory more than I did. This time I played well, I felt good on the court and told myself to keep on playing like that. There was no reason why I couldn't win and I finally did it.

You play well on several surfaces and what do you consider your favorite one?
My game changes a lot depending on my confidence. Last year I did my best results on clay. This time I played well on indoor hardcourt, which I already did before. In 2006 I played well in Australia. So far only grass is missing. But I still did a quarterfinal at one event, which shows that I can play everywhere when I'm playing well.

Do you have any ranking goals or other personal goals in 2007?
I would like to get closer to the Top 20. I would like to maintain that level during the whole year.

What do you consider the best part (strength) of your game?
I think it's my game from the baseline. I play well on both sides. Usually I try to be solid and cover the court well. I want to show the opponent that it will be hard to beat me, my game is very physical.

Growing up did you look up to any player(s) and who were your favorite ones?
When I was a child my favourite player was Marat Safin. I've always liked him and I wanted to play like him. I loved his game, his technique and his coolness on the court. But besides him I never really had an idol.

If you weren't playing pro tennis what would be the thing you would like to be doing? And why?
I like music a lot. If I had to chose I would try to do that.

Like Yannick Noah?
Not really. I wouldn't sing, but I like to play instruments like the piano or the guitar. I've been playing the piano for ten years. But I had to stop when I was 17 years old because I started practicing a lot more. I also like the guitar and I'll try to play again later.

Who helped you get your start in tennis and when you were younger did you ever think about winning an ATP title one day in your home country?
Until the age of 14 I was playing in small club near Paris, US Fontenay. I had a female coach during seven years, her name is Celine Duveree. Later I joined the French team and started practicing at the Federation.
The family helped me a lot, first of all my parents. Also several people at the Federation such as Dominique Poey helped me a lot, since they believed in from the beginning. Also Louis Borfiga was important for me as well as my coaches Alois Beust and Jerome Potier and now Thierry Tulasne.

www.atp.com
Par Françoise
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Dimanche 27 janvier 2008
undefined A la veille du Masters Series de Monte-Carlo qui se déroule jusqu’au 22 avril, Nice Premium a rencontré un jeune niçois en pleine ascension. A 22 ans, Gilles Simon est numéro deux français dans le classement ATP et fait partie des joueurs prometteurs de sa génération. Classé 23ème au niveau mondial, il a remporté son premier titre cette saison à Marseille.

Le jeune niçois est inconnu du grand public mais cela ne le dérange pas. Il se dit que ça viendra avec le temps et les résultats. Gilles Simon est désormais un habitué du circuit ATP puisqu’à 22 ans, cela fait déjà cinq années qu’il parcourt la planète pour frapper la balle jaune. Son début de saison, le dopage, les joueurs français, sa collaboration avec Thierry Tulasne, tout y passe. Sans tabou. Rendez-vous est pris en ce dimanche matin à l’hôtel L’Hermitage où les plus grands noms du tennis se pressent. De Marat Safin à Juan Carlos Ferrerro en passant par Tim Henman, tous veulent être présents pour ce rendez-vous si important.

Nice Premium : Qu’as-tu ressenti en remportant le titre à Marseille, ton premier sur le circuit ATP ?

Gilles Simon : Dans ma carrière, c’est le plus beau moment que j’ai vécu car ça m’est arrivé dans une période où je n’étais pas vraiment en confiance. C’était même au moment où j’étais le plus bas. J’étais très content d’arriver à jouer mon meilleur tennis sur toute une semaine. En plus, arriver à remporter le tournoi après avoir joué contre d’aussi bons joueurs, c’est assez incroyable pour moi.

N-P : Le fait que ce tournoi soit près de chez toi, est-ce encore plus important ?

G.S. : Oui, car c’est en France, dans ma région où j’ai beaucoup de famille que je ne vois pas souvent. Toutes les personnes que j’aime étaient là donc c’était vraiment un grand moment.

N-P : Tu as joué contre un ami, Marcos Baghdatis en finale, c’est difficile ce genre de rencontre ?

G.S. : Pas forcément car je pense que j’avais moins de pression que si c’était contre un autre joueur. Même si on n’a jamais envie de perdre une finale, le fait de jouer Marcos désinhibe un petit peu car c’est un bon joueur et je n’avais rien à perdre contre lui.

N-P : Cette saison, à part Marseille, tu n’as pas réussi à passer beaucoup de tours.

G.S. : J’ai commencé avec quatre premiers tours avant l’Open 13. Depuis, ça a été un peu mieux. Aux Etats-Unis j’ai atteint deux fois le troisième tour, une fois sur Roddick, une fois sur Chela. J’ai réussi à battre Robredo, un Top 10 à Indian Wells. Je jouais bien, j’avais retrouvé de la confiance. Je n’ai pas regagné de tournois mais la plupart des joueurs n’en gagnent pas beaucoup dans une carrière, la confiance est là, je suis 23ème à la Race ( sur la saison, au contraire du classement technique qui se fait dans la continuité des saisons NDLR ) donc je veux rester dans ces eaux-là.

N-P : Qu’attends tu du Tournoi de Monte Carlo ?

G.S. : Pour le moment, pas grand chose. Le tableau est sorti, je joue David Ferrer ( 16ème du classement technique NDLR ), un tour qui n’est pas facile. Mais je n’ai rien à perdre sur ce genre de matches. C’est lui qui est favori, qui est tête de série. Je vais faire ce que j’ai à faire, je pense que j’ai des chances de gagner donc il va falloir être solide et ne pas se mettre de pression sur ce match là.

N-P : Ton objectif sur le tournoi ?

G.S. : Il n’y en a pas vraiment. C’est tellement long. On regarde souvent les trois premiers tours pour se faire une idée. On verra ensuite si je passe les dex premiers tours.

N-P : Tu disais que tu étais dans une période de moins bien avant Marseille. Est-ce dû à ton changement d’entraineur puisque tu es passé avec Thierry Tulasne ?

G.S. : J’étais dans une période un peu de doute et mon ancien entraineur, Jérome Pottier, n’arrivait plus vraiment à trouver les mots pour me mettre en confiance, pour me motiver. J’arrivais à bien jouer en entrainement mais dès que j’arrivais en match, c’était beaucoup plus dur. Je retenais mes coups, je n’arrivais pas à me libérer et Jérome ne parvenait pas à m’aider. J’avais déjà travaillé avec Thierry Tulasne, deux ans auparavant et ça s’était bien passé. Il arrive à particulièrement me mettre en confiance et le hasard a fait que j’ai gagné dès le premier tournoi.

N-P : A quel niveau Thierry Tulasne t’a t-il le plus apporté ?

G.S. : C’est plus au plan mental car ça faisait deux ans que je m’entrainais avec quelqu’un d’autre donc tout ce que j’était capable de faire sur une semaine comme ça, je le dois plus à Jérome Pottier mais arriver à le jouer aussi bien, en confiance toute la semaine, je le dois à Thierry.

N-P : Qu’est-ce qui a évolué depuis que tu es avec Thierry Tulasne sur le plan du jeu ?

G.S. : J’ose plus aller vers l’avant, il a insisté sur la notion de plaisir, d’arriver à jouer son jeu même si je me sens mal.

N-P : On a appris il y a quelques jours que le Master Series de Monte-Carlo risquait d’être déclassé. Qu’est-ce-que tu en penses ?

G.S : Je ne sais pas trop. C’est bizarre de se dire qu’un tournoi n’allait plus avoir le même classement. On a l’habitude de certaines villes pour certaines catégories, c’est indissociable pour nous. C’est comme si on nous disait que l’un des quatre tournois du Grand Chelem se déroulait ailleurs. Il y a neuf Masters Series ( Indian Wells, Miami, Monte Carlo, Rome, Hambourg, Montreal, Cincinnati, Madrid, Paris Bercy NDLR ), je trouve dommage qu’on les fasse se dérouler ailleurs. Bien sûr, les Espagnols vont mettre leur veto au contraire des américains ou des asiatiques qui vont préférer Shangaï mais au final, notre voix, en tant que joueurs, ne compte pas.

N-P : En ce qui concerne le tennis en général, on assiste à un phénomène que l’on avait pas vécu depuis un moment, la suprématie de deux joueurs. Quel regard portes-tu sur cette hégémonie de Roger Federer et Rafael Nadal ?

G.S. : On avait eu cette situation il y a quelques temps avec Andre Agassi et Pete Sampras mais depuis, ça s’était calmé. Tout le monde pouvait battre tout le monde. Aujourd’hui, il y a deux joueurs qui, certes peuvent être battus, mais sont très forts. Roger Federer est doué sur toutes les surfaces et se met même à bien jouer sur terre battue. C’est très difficile pour les autres joueurs de se dire que tu vas te retrouver inévitablement face à un mec qui est quasiment imbattable. De l’autre, il y a Rafael Nadal qui est phénoménal. Il ne fait plus peur sur dur comme autrefois mais il est exceptionnel sur terre. Contre l’un ou l’autre, on ne peut pas faire grand chose même si certains y arrivent parfois.

N-P : Le parallèle va être facile avec un autre sujet qui touche le tennis, le dopage puisque guillermo Cañas qui revient de suspension vient de battre deux fois d’affilée Federer. Est-ce un sujet tabou dans les vestiaires ou vous en discutez entre joueurs ?

G.S. : Ce n’est pas un sujet tabou mais on n’en discute pas forcément. Dans ce sport, au contraire de d’autres, tout ne se joue pas sur le physique. Par exemple, pour battre Federer, il faut faire mieux que courrir partout. Bien sûr, quand tu joues un match sur terre, pendant cinq heures, ça encourage certains joueurs à se doper pour tenir cinq heures mais à un moment, au tennis, courrir partout, ça ne fait pas tout.

N-P : Un joueur a fait parler au niveau dopage, Rafael Nadal. Quel est ton avis là dessus ?

G.S. : C’est un joueur qui est très physique naturellement, c’est une belle bête. Quand j’ai envie de me faire une opinion, je me base sur la durée. Un joueur qui joue bien sur un ou deux ans et qui se blesse ou disparait, il n’est pas forcément positif à quoi que ce soit. Ceux qui courent toute l’année sans se fatiguer, là on peut avoir des doutes. Je sais comment jouer un match, c’est dur. J’ai joué des joueurs très physiques comme Robredo à Indian Wells mais comme il faisait 40°, il s’est effondré physiquement. Il y avait 7-6 3-3 pour lui, et ça a fait 6-3 6-0 ensuite. Il ne pouvait plus courir. Cela prouve que ces joueurs là malgré leur dimension physique, je ne pense pas qu’il y ait des doutes à avoir. Dès qu’on voit un joueur physique courir partout, on se dit : "Lui, il doit être positif ". Il y en a qui sont un peu physiques mais qui marquent aussi un peu le coup, être moins bien, peut être se blesser de temps en temps. Je pense que c’est trop tôt pour parler du cas de Nadal car il fait beaucoup d’efforts sur le court mais s’accorde du temps de récupération, il a des blessures et il a de plus en plus de mal à tenir son niveau de jeu et sa place. Je crois qu’il n’y a pas de doutes à avoir sur ce genre de joueurs, il est très jeune. Si à 28 ans, il court comme ça, on se dira qu’il y a peut être un problème.
(Source)
Par Françoise
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Dimanche 27 janvier 2008
undefined N-P : Comment se passent les relations entre joueurs français ?

G.S. : On passe toute l’année ensemble et on s’entend bien. Quand vous vivez toute l’année avec ces personnes là autant faire en sorte que ce soit agréable. Les relations varient un peu, ça passe de la bonne concurrence parce que c’est sympa d’avoir pleins de joueurs français à des choses un peu moins belles quand il est question de sélections ou d’invitations dans des tournois. Je pense qu’il faut être assez détaché. Comme le dit Paul Quétin, entraineur physique à Roland Garros : " Le relations sont bizarres car on se voit toute l’année et on s’entend très bien mais quand il faut jouer le mec en face, c’est un peu étrange ". Ce sont des relations un peu à deux temps suivant qu’on soit au fin fond de la Croatie ou qu’on se joue au troisième tour à Roland Garros. Il faut se concentrer sur soi. Quelque soit notre adversaire, il faut oublier qui c’est et gagner.

N-P : Vous êtes trois jeunes dans les meilleurs français. Comment l’expliques-tu ?

G.S. : C’est dans l’ordre des choses. Il y a des générations qui partent, qui arrivent. Sébastien Grosjean et Arnaud Clément sont d’excellents joueurs, mais l’avenir nous appartient plus qu’à eux donc à nous d’essayer de faire en sorte de jouer le mieux possible.

N-P : La Coupe Davis a eu lieu la semaine dernière avec la défaite contre la Russie. Espère-tu rejoindre cette équipe un jour ?

G.S. : Sujet délicat ( rires ). Evidemment, j’espère jouer un jour. J’aurais même aimé jouer là car sur cette rencontre, j’avais tout pour prétendre à une place de cinquième homme. C’est pas une question de mérite car le sélectionneur fait l’équipe qu’il pense avoir le plus de chances de gagner. Je suis simplement déçu de ne pas être dedans. Dans ma tête, je me disais que s’il voulait me donner ma chance, c’était le bon moment. Je suis numéro deux au classement français, je suis jeune et je joues bien. Maintenant, ça va s’arrêter là car c’est une sélection, c’est un match dans l’année. Je n’ai pas été retenu cette fois-ci mais j’ai d’autres objectifs individuels. Guy forget m’a appelé, il m’a expliqué sess choix. Je n’étais pas d’accord avec la décision de prendre Paulo ( Paul-Henri Mathieu NDLR ) en numéro deux mais je le comprends. En revanche, je ne comprends pas le choix de Sébastien Grosjean en numéro cinq alors qu’il n’a pas de résultats depuis quelques temps. Beaucoup de joueurs attendent d’avoir leur chance en Coupe Davis, c’est dommage de ne pas leur avoir donné. Il a été sélectionné sur le seul critère de l’expérience car il ne peut pas l’être sur d’autres critères. Mais en ce moment, il y a des joueurs qui sont meilleurs que lui et avaient plus leur place au sein de l’équipe selon moi. Il y a deux rencontres complètement différentes entre la Roumanie où on te dit qu’il ne faut pas prendre de risque pour être sûr de se qualifier et la Russie où on te dit qu’il faut des joueurs d’expèrience parce que c’est un match important. On peut se demander alors quand est-ce qu’on donne leur chance aux jeunes.

N-P : Le tennis est l’un des sports les plus médiatisés. Or, qui dit médiatisation, dit gros gains. Est-ce que ça change quelque chose dans la vision du milieu ?

G.S. : Non car on joue au tennis depuis l’âge de six ans et à ce moment là, tu n’as pas de notion de gains. Tu joues au tennis par plaisir et parce que tu aimerais jouer à Roland Garros comme ceux qu’on va voir aux mois de mai-juin. C’est quelque chose qui vient en plus, et qui est forcément une très bonne chose pour nous, mais ça vient en plus, c’est un bonus. Il y a des sportifs qui font autant d’efforts que nous mais qui ne sont pas médiatisés et ne gagnent quasiment rien, c’est simplement une passion. J’aimerais que leur sport soit plus reconnu et qu’ils en vivent mais ce n’est malheureusement pas le cas. Il y a l’exemple, avec le foot notamment, pour une majorité de personnes, de gens qui viennent du même quartier qu’eux et qui ont réussi à s’en sortir. En tennis, ça se fait dans l’ordre des choses. C’est différent, on ne se dit pas : "On se met au tennis pour gagner de l’argent". On joue pour espérer affronter un jour ceux qu’on voit à la télé. C’est hyper dur d’arriver au haut niveau.

N-P : Est-ce que tu considères le sport comme un facteur social ? Est-ce que les parents ne mettent pas trop de pression sur leurs enfants pour améliorer leurs conditions de vie ?

G.S. : Le sport a de très belles valeurs : se dépasser, se battre, faire ce qu’on aime, prendre du plaisir. On le voit à tous les niveaux, des gens pratiquent le sport seulement pour le plaisir. Le sport lutte contre les inégalités sociales, puisqu’il y a vraiment un métissage, on ne regarde pas d’où l’on vient. On est là pour être le meilleur, tout le monde est au même niveau. C’est quelque chose qu’on retrouve moins dans la vie, c’est pour ça que le sport plaît.

N-P : Comment tu vis pour être tout le temps entre les avions, dans les hôtels, à travers le monde. N’est-ce pas difficile d’avoir une vie sociale ?

G.S. : Je ne sais pas, il faut demander à ma copine ( rires ). C’est jamais quelque chose d’évident mais ça fait partie du métier. Autant en profiter un maximum qu’on aime ou pas. C’est quelque chose de très sympa, tout le monde aime le faire au début, un peu moins à la fin de la carrière. C’est vrai qu’être dans les grands hôtels, sur les plus beaux tournois, dans des stades magnifiques, c’est agréable et plaisant. Il y a un moment où on se rend compte qu’on est très bien chez soi aussi quand on n’y est pas souvent. C’est sympa d’être auprès des personnes qu’on aime, c’est un bonheur particulier et on préfère souvent ça aux grands hôtels de luxe, on va dire. Mais on ne va pas se plaindre, on vit dans de bonnes conditions. Il ne faut pas oublier que ça dure qu’un temps, que dès qu’on commence à avoir trente ans, on arrête de jouer donc on aura tout le temps d’être chez soi après.

NP : Enfin si je te dis :

Nice : Mes origines
Premier ou première : Première victoire
Côte d’azur : Soleil
Sport en général : Les belles valeurs
Le tennis : Ma passion
Un sportif : un passionné
La suite de la saison : Qu’elle soit aussi bonne que le début
(Source)
Par Françoise
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Dimanche 10 février 2008
Simon-PHM.jpg

• Si tu n'étais pas joueur de tennis ?
« Je serais joueur... de jeu vidéo ! Dix fois sur dix ! »
• Pas pianiste ? Il paraît que tu jouais très bien...
« Parlons-en à l'imparfait, j'en ai pratiqué huit ans, j'ai
arrêté. »
• Morceau préféré ?
« L'arnaque, très difficile. Sinon Félix le Chat ! »
• Vieux Nice (il est natif de cette ville) ou calanques marseillaises ?
« Vieux Nice. »
• Un autre sport ?
« Golf ».
• Le plus fou sur le circuit ?
« Jouer sur un grand court avec plein de monde comme le Lenglen à Roland-Garros, le Central, je ne le connais pas... »
• Le plus embêtant ?
« Il vous faut vraiment un nom ? A part certaines personnes, ce sont les trajets. A la longue... Et l'attente avant les matches quand on a hâte d'aller sur le court. »
• Votre champion en tennis ?
« Roger ! Federer est la définition même du champion. C'est propre, beau et fluide, voilà... Il est un N°1 incontestable. »
• La championne ?
«...» (il cherche).
• Elle peut être simplement belle...
« On va chercher plus loin ! J'aurais bien dit Justine Hénin mais quand elle perd, elle a toujours une excuse. Alors, Steffi Graf, l'image de la championne sereine. »
• Succès en Coupe Davis ou médaille d'or olympique ?
« Oh, que c'est dur ! La Coupe quand même. C'est comme si on me demandait Coupe Davis ou Roland-Garros. Il est peut-être plus facile de gagner la Coupe Davis par équipe que Roland sur un exploit personnel. Bon, les Jeux sont quelque chose fort mais pour nous, en tennis... »
Le Républicain Lorrain, octobre 2007
Par Françoise
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Mardi 19 février 2008

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EN REMPORTANT DEUX TITRES CETTE ANNÉE, GILLES SIMON A CONFIRMÉ SA BELLE ASCENSION. LE NIÇOIS NOUS A DONC ACCORDÉ UNE INTERVIEW OÙ IL NOUS A CONFIÉ QU’IL VOULAIT VISER PLUS HAUT. ENTRETIEN VÉRITÉ AVEC UN CHAMPION QUI A OUBLIÉ DE MANIER LA LANGUE DE BOIS.

Peut-on revenir un instant sur ta saison qui a été très positive ?

Ah oui! Plus que positive. J'ai gagné deux tournoi ATP dont l'Open 13 (l'autre est Bucarest) qui est un tournoi reconnu et relevé. En plus de cela, j'ai réussi de bonnes perfs' sur toutes les surfaces. Ce qui était l'un des objectifs de cette saison.

Tu atteins ton meilleur classement cette année. Quels sont tes objectifs pour 2008 ?

C'est vrai que je suis 29ème mondial. J'aimerais passer sous la barre des 20, ce qui est un cap. Donc les objectifs sont simples. Plus de deux titres ATP, un meilleur classement et progresser dans mon tennis. En fait comme 2007 mais en mieux !

A quel âge as-tu commencé le tennis ?

A six ans dans un club, comme tout enfant qui commence un sport. Je faisais beaucoup de sports différents: du foot, du golf, de la natation. Mais celui qui me passionnait le plus, c'était le tennis.

Justement, pourquoi le tennis plus que les autres ?

Je pense que c'est une préference qui est venue toute seule. Personne ne jouait au tennis dans ma famille et on ne m'a pas poussé vers ce sport là en particulier. Mais moi ça me plaisait. Le côté duel, un contre un sûrement.

Tu te souviens de ta première raquette ?

La première, c'était une raquette vraiment basique, une raquette de supermarché. Je me rappelle que la première fois que j'ai remporté un championnat de ligue, j'avais neuf ans. Le premier lot c'était une raquette, une Pro Kennex. J'étais super heureux. Je l'ai gagnée trois ans de suite! (rires)

Trois fois la même ?

Oui ! Mais j'étais quand même content. J'étais un des seuls gamins de mon âge à avoir une nouvelle raquette chaque année !

A cette époque il y avait des posters de joueurs dans ta chambre ?

Oui, les murs était remplis de tennis. Mon joueur préféré, c'était Michael Chang. Sans être mon idole, mais plus comme mon modèle. J'adorais sa façon de jouer. Un petit bonhomme super nerveux qui faisait tomber les grands. Je trouvais cela génial.

Est-ce qu'aujourd'hui tu peux être tennisman sans être passionné par le tennis ?

Non. Et je suis catégorique la-dessus. Certains, comme Davydenko, ne se cachent pas de leur amour pour l'argent. Mais je ne pense pas qu'il aurait un tel niveau s'il ne prenait pas de plaisir à jouer, à progresser. De l'argent, il en gagne depuis un moment et s'il continue à s'entraîner ce n'est pas que pour le pognon. En France, certains ont fait des apparitions grâce à leur talent mais sans être vraiment passionnés. Ils ont rapidement disparu. Je pense notamment à Olivier Mutis. Il avait un vrai talent naturel dès qu'on lui mettait une raquette dans la main mais il n'avait pas un vrai amour du jeu.

Quand tu ne joues pas, tu regardes les matches à la télévision ?

Je regarde rarement les matches mais je m'intéresse beaucoup au jeu. On fait beaucoup de paris entre joueurs sur les résultats du circuit. Et comme je suis un gros joueur, j'adore quand une rencontre se déroule selon mes pronostics.

Il y a un joueur dont tu aimes regarder les matches juste pour le plaisir ?

Je trouve que certains joueurs pratiquent un tennis magnifique. Mais j'essaye de me détacher. Si on est amené à jouer contre quelqu'un que l'on admire trop, on peut faire un bon match mais rarement le gagner. Pour moi le tennis c'est comme la boxe. Et si on prend trois minutes pour regarder jouer l'autre parce qu'on est content de l'avoir en face de soi, on ne va pas le voir longtemps ! (rires)

Quand tu étais petit, tu disais déjà que tu voulais être joueur de tennis ?

Oui. C'est ce que je voulais. Sur ma petite fiche signalétique à l'école, j'écrivais « joueur de tennis ». Bien sûr, à l'époque l'idée de jouer à Roland-Garros me semblait très lointaine. Rien que mon professeur, qui était 2/6, je pensais ne jamais pouvoir le battre. Mon repère était d'essayer de rester au meilleur niveau par rapport aux jeunes de mon âge que je jouais en tournois.

Est-ce qu'il t'est arrivé de détester ton sport ?

Non, parce qu' aujourd'hui je suis récompensé de tous mes efforts. C'est vrai que j'aurai pu. Quand t'es adolescent et que tu vois tes potes faire la fête alors que tu dois aller te coucher parce que dimanche tu as un tournoi dans le fin fond de la France, ca peut te saoûler. J'ai eu un peu ce phénomène d'attraction- répulsion pendant un court moment. Mais finalement j'ai vite enchaîné. J'aurais peut-être détesté le tennis si je n'avais jamais réussi à faire mieux qu'une 300ème place mondiale.

A part le tennis, tu as d'autres passions ?

J'adore le golf. Le tennis me prend beaucoup de temps donc je n'ai pas souvent l'occasion d'y jouer. Je suis aussi un grand fan de jeux vidéos et de RPG (jeu de rôles) comme Final Fantasy. J'ammène toujours ma console sur les tournois. Le soir je rentre à l'hôtel et pour décrocher des matches je joue. Sauf si ma copine est là sinon elle râle un peu. (rires)

Tu vis de ta passion. Tu as conscience d'être un privilégié ?

Oh que oui. C'est ça qui est incroyable. Il n'y en a pas beaucoup qui arrivent à vivre de ce dont ils ont toujours rêvé. Le tennis c'est ma vie. Et même si je m'arrête dans dix ans, il me reste une deuxième vie derrière. Je ne regretterai jamais d'avoir fait ce choix.

Donc si tes enfants te disent qu'ils veulent devenir joueurs de tennis, tu les encourageras ?

Oui, mais je ne les y obligerai pas non plus. Je pense qu'il est important qu'un enfant s'amuse dans son sport. Si on perd la notion du jeu, ça devient trop dur. Tennis, foot, peinture, sculpture, ils feront ce qu'ils voudront, tant qu'ils s'éclatent comme moi je m'éclate avec le tennis.
"Grand Chelem", n° 6

Par Françoise
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