Tout sauf une Shangai Surprise... - Shanghai 2008

Publié le par Françoise

Gilles Simon a battu Federer ? Et alors ? C'est donc qu'il faudrait s'en étonner ? Trouver cela exceptionnel, pardi ! Stupéfiant pourquoi pas. A moins que ce ne soit divin.
Que sais-je encore...

Après tout, ce n'est jamais que la seconde fois, cette saison, que le Frenchie renvoie le Suisse à ses verts pâturages. Et puis, la logique veut qu'un match de tennis soit fait pour être gagné : qu'y a-t-il donc d'inattendu là-dedans ? (...)

Pardonnez-nous d'aborder ce nouvel exploit du Niçois au deuxième degré. Mais pour l'avoir rencontré il y a peu (*), cette perf très " simonesque " - dans la forme autant que l'esprit - ne nous étonne qu'à moitié.
Car ce qui nous a surpris d'emblée chez Simon, au-delà d'une gentillesse et d'une spontanéité qui ne nous parurent pas feintes, c'est la confiance "monstrueuse" - osons le terme - qui l'anime.

« Masters-card » méritée

On l'entend encore nous assener sur le dictaphone : « J'ai toujours eu horreur du "Il est 200e mais il a le potentiel pour être dans les vingt" ben d'accord, fais-le ! Au même titre que j'ai jamais aimé le "Lui il est dixième, ben on se demande comment il fait..." Simplement, il est dixième, il a gagné plein de matchs, voilà ! »

Gagner des matchs.

Battre Federer, Nadal, Djokovic... Simon l'a fait. D'ailleurs, ne nous disait-il pas, aussi : « J'ai compris, il y a un an ou deux, que l'on est tous potentiellement capables, je veux dire parmi les cinquante mondiaux, de battre le n°1, ou le n°2 ou le n°3 sur un jour. Par contre, la saison qu'ils font, la régularité avec laquelle ils se retrouvent chaque quinzaine en demies, en finale, qu'ils jouent bien ou qu'ils jouent mal, ça c'est un truc, une qualité qui est très, très, très rare... »

Cette assurance tous risques, Gilles Simon la met au service d'un jeu obstiné à défaut d'être racoleur. Escorté d'improbables retournements de situations.

Aussi, cette " Masters-card " improvisée que Nadal lui a délivrée par genou tendineux interposé, n'en est que plus méritée. Gilles ne l'a pas volée. Car Simon ne fait pas de cinoche. Même si, hier, pour beaucoup, c'était Shangaï surprise ...

ch.d.
(*) Interview réalisée après son quart de finale au GP de tennis de Lyon.


Nice Matin, 11.11.2008

Publié dans Articles

Commenter cet article