"Le sentiment de lutter avec mon propre jeu" - Marseille 2009

Publié le par Françoise

A l’issue de sa difficile victoire face à l’Allemand Schuettler au 2e tour de l’Open 13, Gilles Simon s’est montré très loquace. Il a tour à tour évoqué sa forme actuelle, ses quelques lacunes et aussi le premier tour de Coupe Davis face à la République tchèque.

GILLES SIMON, une victoire longue à se dessiner ?

G.S. : Oui, difficile mais ça reste une victoire et c'est toujours bon à prendre. J'aurais vraiment voulu conclure en deux manches, parce que j'en ai eu l'opportunité, mais j'ai vraiment manqué de consistance dans les moments importants.

Que s'est-il passé 6-4 0-40 dans la deuxième manche en votre faveur ?

G.S. : Je me suis tout simplement déconcentré un peu bêtement. C'est pour cette raison que j'étais très énervé par la suite parce que j'avais le sentiment d'avoir laissé passer une belle opportunité de me mettre à l'abri. En ce moment, j'ai du mal à finir mes matches. Je n'ai pas de très bonnes sensations. A cause de ce manque de concentration, je me mets seul en danger, je dois rester plus longtemps sur le terrain sans que ça soit vraiment nécessaire.

On a eu l'impression que vous vous battiez un peu contre vous-même parfois ?
G.S. : J'ai vraiment eu le sentiment de lutter avec mon propre jeu. Ce qui était vraiment frustrant, c'est que par moment, j'avais l'impression de bien le tenir mais je ne parvenais pas à maintenir un niveau suffisant sur toute la durée du match, notamment sur les points importants. Physiquement, ça ne m'inquiète pas de rester 2h voire 2h30 sur le terrain. En période d'entraînement, je fais deux fois ça dans la journée sans que ça ne me pose le moindre problème. Ce n'est pas vraiment le temps passé sur le terrain qui me frustre, c'est tout simplement le fait de me mettre en difficulté bêtement par manque de constance ou de concentration.

C'est encore ce qui vous manque pour rivaliser avec les meilleurs ?
G.S. : Les Nadal et autres Murray ont atteint une telle régularité, une telle constance dans leur niveau de jeu qu'ils passent les premiers tours des tournois sans jamais puiser dans leurs réserves. Ça n'a d'ailleurs pas toujours été le cas de Murray. Désormais, il arrive à jouer son meilleur tennis à chaque instant, ce qui n'est pas évident quand on est un contreur comme lui. Nadal, lui, ne perd jamais un match bêtement. C'est ce que je me dois m'efforcer d'éviter à tout prix.

Ces difficultés actuelles entament-elles votre confiance ?
G.S. : Non, pas vraiment. Au contraire même puisque que même sans bien jouer, j'arrive ici à me hisser en quart de finale. Je me dis que j'ai encore une marge très importante. Je sais que si un adversaire m'oblige à mieux jouer, j'en suis capable.

Profitez-vous des tournois moins prestigieux pour tenter de mettre votre jeu offensif en place ?

G.S. : Oui, effectivement, c'est l'occasion d'essayer mais pas ici, pas en France, pas à Marseille. Ici, j'ai envie de bien faire, j'ai envie gagner le tournoi. Je privilégie donc la victoire avant tout.

Que vous évoque votre quart de finale face à Julien Benneteau ?
G.S. : Je ne m'attends pas à un match évident puisque la dernière fois que nous nous sommes affrontés en salle à Lyon, je me suis incliné. Il va falloir être vigilant et je vais essayer de produire un meilleur tennis qu'aujourd'hui. J'ai en tout cas les armes pour passer mais il va falloir être plus appliqué, plus concentré et certainement un peu moins nerveux pour passer.

Considérez-vous comme Gaël Monfils que votre sélection en Coupe Davis serait légitime ?

G.S. : Oui, je le pense. Lui comme moi avons entièrement notre place. Ça serait mérité, mais ce n'est pas forcément pour cette raison qu'on serait sûr de jouer. Dans tous les cas, il faut envoyer sur le terrain celui qui joue le mieux à ce moment-là. On a la chance d'avoir un gros effectif, beaucoup de joueurs à peu près du même niveau. Moi, je ne veux pas forcément jouer à tout prix, mais être dans l'équipe, oui !

A votre avis, quels devraient être les joueurs sélectionnés ?
G.S. : Pour moi, Jo (Tsonga), Gaël (Monfils), Richard (Gasquet), Micka (Llodra) et moi devrions logiquement composer l'équipe. Après, une fois l'équipe établie, il peut toujours y avoir des contretemps, des impondérables. Je ne pense pas que le but ultime soit forcément d'être dans les 4. L'objectif prioritaire, c'est de gagner. Personnellement, si je ne touche pas une balle à l'entrainement, ça ne me pose pas le moindre problème de laisser ma place à un joueur en meilleure forme. Aujourd'hui, plus que jamais, on a la chance d'avoir équipe qui peut sans problème s'adapter en fonction de la surface, de la forme du moment, qui ne dépend pas que d'un ou de deux hommes. C'est un véritable avantage.

Eurosport - Propos recueillis à Marseille par Thomas BONNET - 20.02.2009

Publié dans Interviews

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